Vieira : « Parfois, j’aimerais bien rechausser mes crampons et m’occuper de tout »



L’entraîneur de Nice explique en exclusivité à FFT son défi d’être passé de joueur à entraîneur. Et comment il compte transmettre sa philosophie de jeu.

Les grands footballeurs ne sont pas toujours de grands entraîneurs. Mais la France, vainqueur de la Coupe du Monde 1998, continue d’aller à contre-courant de cette tendance. Zinédine Zidane a remporté sa troisième Ligue des Champions consécutive avec le Real Madrid en mai dernier avant que Didier Deschamps ne devienne la troisième personne à remporter la Coupe du Monde à la fois comme joueur et sélectionneur quelques mois plus tard. Laurent Blanc a également connu son lot de succès sur le banc, menant le Paris Saint-Germain et Bordeaux au titre de champion de France. Il est donc facile de comprendre pourquoi Patrick Vieira a pu suivre les traces de ses compatriotes. Âgé de 42 ans, l’ancien milieu de terrain d’Arsenal et de l’Inter a été nommé entraîneur de Nice en juin, après avoir été responsable de l’équipe réserve de Manchester City puis entraîneur du New York City FC.

Votre expérience de joueur vous a-t-elle aidé en tant qu’entraîneur ?
Dans certaines situations, certainement. Je pense qu’être un ancien joueur m’a aidé à anticiper ce que ressentent les autres joueurs. Maintenant, j’essaie d’anticiper les problèmes au sein de l’équipe avant qu’ils ne surviennent. Mon expérience en tant que joueur m’a vraiment aidé à comprendre comment les joueurs créent un lien à l’intérieur du vestiaire. Cela me permet de prédire beaucoup de choses, même sur le terrain.

Faut-il avoir été joueur professionnel pour être un entraîneur de haut niveau ?
Je pense que si vous avez été joueur, cela rend la transition vers le poste d’entraîneur un peu plus facile. Vous pouvez anticiper ce qui peut se passer dans l’esprit d’un joueur mais ce n’est pas le facteur décisif pour savoir si vous serez un bon ou un mauvais entraîneur. Si vous avez été joueur, vous gagnerez le vestiaire pendant les trois premiers mois environ parce que cela vous donne de la crédibilité. Mais cela ne dure pas éternellement et au-delà, il s’agit de la philosophie et du message que vous envoyez à vos joueurs. C’est ce qui fait la différence.

Est-ce que le métier d’entraîneur apporte les mêmes satisfactions pendant un match ?
En tant qu’entraîneur, je fais toujours partie du jeu que nous aimons tous, même si c’est plus frustrant de ne pas être sur le terrain. Vous pouvez vous préparer pour le match, donner l’information à l’équipe, apporter des touches personnelles à votre plan de jeu. Mais vous n’avez aucun contrôle une fois que le match commence et c’est ce qui est vraiment frustrant. Sur le terrain, vous êtes l’acteur et vous pouvez contrôler ce qui se passe. Si vous êtes assis sur le banc, c’est dur. Parfois, j’aimerais bien rechausser mes crampons et m’occuper de tout. Mais je ne peux plus le faire !

« Si vous avez été joueur, vous gagnerez le vestiaire pendant trois mois car vous avez de la crédibilité – ensuite c’est votre philosophie qui compte. »

Quel est l’aspect le plus difficile du coaching ?
C’est le changement d’état d’esprit qu’il faut opérer après avoir été un joueur toute sa vie. En tant que joueur, vous ne pensez qu’à vous-même mais en tant qu’entraîneur, vous devez être désintéressé et tenir compte des autres. Vous avez besoin de grandes compétences personnelles pour faire preuve d’empathie et comprendre les différentes personnes ayant des personnalités différentes. C’est quelque chose que j’avais besoin de changer rapidement au cours des premiers mois. Je pense qu’il est essentiel pour un entraîneur d’avoir une humeur constante, que l’on gagne ou que l’on perde. Il est important de se comporter de la même façon sur le terrain d’entraînement et autour des joueurs car cela favorise la confiance. Si un joueur ne sait pas comment vous vous comportez au quotidien, cela peut nuire à votre relation.

Comment aimez-vous communiquer avec vos joueurs ?
La communication est essentielle. Si vous n’y arrivez pas bien, vous ne deviendrez jamais un entraîneur de haut niveau. J’essaie de trouver un équilibre entre le fait de parler aux joueurs individuellement, pour qu’ils sachent exactement ce que je veux, et le fait de leur parler collectivement pour qu’ils comprennent les objectifs de l’équipe. Je crois qu’il faut faire en sorte que cela reste aussi simple que possible afin les aider à être performant. Donner trop d’instructions aux joueurs peut les embrouiller et ensuite entraver leur prise de décision.

Comment décririez-vous votre philosophie du football ?
Je pense qu’il est important pour mon équipe de jouer un style de football. Je veux toujours que mon équipe marque des buts mais je veux vraiment que les joueurs entrent sur le terrain et essaient de gagner d’une manière positive. Je veux qu’ils avancent, qu’ils jouent un football offensif et qu’ils prennent des risques. Je veux voir des buts. Quand l’équipe marque beaucoup de buts, les joueurs s’amusent et les supporters en ont pour leur argent.

Êtes-vous quelqu’un qui étudie beaucoup et qui parle à d’autres entraîneurs ?
J’ai eu beaucoup de chance de jouer sous les ordres des meilleurs entraîneurs du monde et j’ai pris quelque chose de chacun d’entre eux, car ils étaient tous différents. Je ne peux pas faire semblant d’être l’un d’entre eux. Ce serait une énorme erreur. Si je faisais ça, je ne serais pas moi-même et les joueurs le verraient. Je dois être clair sur ma philosophie et la façon dont je veux que mon équipe joue. Il est essentiel pour moi de comprendre qui je veux être en tant qu’entraîneur et de m’en tenir à ce style.

Comment entraîneriez-vous le jeune Patrick Vieira si vous le rencontriez aujourd’hui ?
Je lui donnerais des formations plus précises pour exprimer son talent et je lui expliquerais précisément ce que je veux et ne veux pas de lui. J’étais un joueur qui s’épanouissait grâce de petits détails et aux discours individuels de l’entraîneur. Je n’ai jamais voulu entrer sur le terrain avec une page blanche. J’avais besoin de savoir que l’entraîneur avait un but précis pour moi dans le match.

Propos recueillis par Martin Harasimowicz

4 Commentaires

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