Pourquoi ne joue-t-on plus au football le jour de Noël ? L’histoire oubliée d’une tradition victorienne



Si le Boxing Day est une période à part pour les fans anglais, on en oublierait presque que l’on a également longtemps joué au football le jour de Noël. Retour sur une tradition victorienne aujourd’hui oubliée.

Pas de football le 25 décembre, même en Angleterre ! Le jour de Noël est désormais exclusivement réservé aux cadeaux sous le sapin, à la dinde dans le four et à un long festin en famille. Il faut se contenter du discours de la Reine plutôt qu’un bon match devant sa télé et se réchauffer avec une tasse de thé au lieu de chanter dans une tribune. Mais cela n’a pas été toujours comme ça.

Jusque dans les années 1950, on jouait traditionnellement au football le jour de Noël. Et cela n’a finalement rien de surprenant. Le 25 décembre était alors l’un des rares jours fériés de l’année, le football l’un des seuls divertissements. Et comme la télévision n’avait pas encore envahi les foyers, les fans anglais s’enveloppaient dans leurs bonnets et écharpes aux couleurs de Noël et se retrouvaient au stade.

C’est à l’époque victorienne que de nombreuses traditions festives sont apparues en Angleterre. Le football était alors indissociable de Noël, le calendrier prévoyant une journée complète le 25 décembre. Mais également une autre le 26, jour du Boxing Day.

DEUX JOURS, TROIS MATCHS

En 1888, Everton a même joué deux matchs le jour de Noël puis un troisième le lendemain. Trois rencontres qui ont eu lieu sur la pelouse de Goodison Park : face à Blackburn Park Road le matin du 25 (victoire 3-2 en Lancashire Cup), contre l’Ulster FC l’après-midi (un match exhibition remporté 3-0, le gardien Charles Jolliffe inscrivant le troisième but au grand amusement des 2 000 spectateurs – une grande foule pour l’époque) et enfin contre Bootle lors du Boxing Day (0-0 sous un déluge de grêle).

C’est l’année suivante, en 1889, qu’on a programmé un premier match de championnat le jour de Noël : Preston North End contre Aston Villa. Les champions en titre – surnommés les Invincibles – face à une équipe qui avait remporté leur dernier affrontement. Bref, un vrai choc entre les deux meilleures équipes anglaises du moment. Plus de 9 000 spectateurs ont assisté à la rencontre, ce qui en a fait au passage l’un des matchs les plus suivis d’un championnat naissant.

Sur la pelouse, le public a pu voir à l’oeuvre Nick Ross (Preston), un redoutable défenseur qui terrifiait ses adversaires en leur sifflant dessus et qui exhibait sa dentition pourrie. Ross a donné l’avantage à son équipe mais Aston Villa a riposté avec deux buts avant la mi-temps. En deuxième période, Ross a égalisé d’une frappe lointaine avant de réussir le hat-trick pour offrir la victoire à Preston, qui sera sacré pour la deuxième saison consécutive quelques mois plus tard.

Traditionnellement, le 25 décembre était jour de derby. Et l’un des plus célèbres du football anglais opposait les Blackburn Rovers à Darwen. Avec parfois un esprit de Noël pas forcément évident. Ainsi, en 1890, un match entre les deux équipes à Ewood Park s’est terminé en émeute générale. La faute aux Rovers, qui avaient décidé d’aligner une équipe bis afin de préserver leurs meilleurs joueurs pour la rencontre du Boxing Day le lendemain.

Mécontents, les dirigeants de Darwen ont d’abord refusé de jouer avant de finalement aligner à leur tour une équipe B. Un mépris aux yeux des spectateurs présents au stade, qui ont alors manifesté leur mécontentement à leur manière. « Des milliers de fans ont fait irruption sur le terrain, fracassé les poteaux de but et endommagé les tribunes, rapporte le Birmingham Daily Post du jour. Aucun match n’a pu avoir lieu. »

Au fur et à mesure de l’expansion du championnat, les clubs ont commencé à parcourir de plus longues distances pour les matchs, même les jours de Noël. Les transports publics étant ouverts le 25 décembre, les fans et les joueurs pouvaient prendre des trains et des bus pour des voyages souvent festifs. Il était alors habituel de jouer des matchs aller-retour contre le même adversaire le jour de Noël et le lendemain, pour s’assurer que les équipes aient toutes des distances égales à parcourir. « La forme des équipes compte peu dans ces matchs, a estimé un jour le Times. Les blessures et la tension générale jouent un rôle important. Et l’équipe qui l’emporte est souvent celle qui a le plus de réserves. »

UNE QUESTION DE VIE OU DE MORT

En 1909, un match de Noël entre Partick Thistle et Hibernian s’est conclu par une terrible tragédie. Sur un terrain gelé, le défenseur écossais James Main (Hibernian) s’est grièvement blessé lors d’un choc avec Frank Branscombe. Evacué du terrain et souffrant de l’estomac, il a assisté à la défaite 3-1 de son équipe avant de rentrer chez lui malgré la douleur. Transporté quelques heures plus tard à l’hôpital, on lui a diagnostiqué une rupture de l’intestin. Malgré une opération en urgence, il n’a pas pu être sauvé et est décédé le 26 décembre.

La trêve de Noël en pleine Première Guerre mondiale a permis à près de 100 000 soldats, basés sur le front occidental, d’échanger des cadeaux, de chanter des chants de Noël… et de jouer au football.

Parmi tous les matchs de Noël, celui de 1914 reste le plus mémorable, au cœur de l’un des conflits les plus meurtriers de l’histoire de l’humanité. La trêve de Noël en pleine Première Guerre mondiale a permis à près de 100 000 soldats, basés sur le front occidental, d’échanger des cadeaux, de chanter des chants de Noël… et de jouer au football. On a longtemps affirmé que ce match n’avait jamais eu lieu mais des lettres de soldats prouvent le contraire.

Celle du sergent Clement Barker, récemment découverte, a permis de mieux comprendre le déroulé de cette étrange journée. « Un Allemand a passé sa tête par-dessus la tranchée en demandant un cessez-le-feu. Nos hommes en ont fait de même. On a pu alors se rendre entre les tranchées et s’occuper de nos morts. Puis quelqu’un a amené un ballon. Les Allemands et les Anglais ont alors commencé à jouer au football. » Le sergent Barker a survécu à la guerre, contrairement à 16 millions de soldats et de civils tués.

La suspension du championnat et l’absence de joueurs pendant la Première Guerre mondiale ont conduit à l’émergence de plusieurs équipes féminines, dont la plus populaire était la « Dick, Kerr’s Ladies », qui a joué son premier match le jour de Noël en 1917. Les fêtes de fin d’année avaient évidemment été annulées mais les autorités britanniques ont estimé qu’un match de football pouvait remonter le moral des spectateurs et permettre de recueillir des fonds pour les œuvres de charité.

Les joueuses, dirigées par la capitaine Alice Kell, fabriquaient toutes des munitions de guerre dans une usine de Preston appartenant à MM.Dick et Kerr. Le match s’est disputé à Deepdale contre les filles de l’usine de Coulthard et c’est Dick, Kerr qui l’a emporté (4-0). « Leur jeu en attaque était étonnamment bon, a écrit le Daily Post. Une ou deux filles ont montré un contrôle du ballon tout à fait admirable. » Dix mille fans ont assisté au match, permettant de récolter 488 £ pour un hôpital local.

Des matchs de football le jour d’une fête religieuse… Tout cela a évidemment provoqué des polémiques à une époque où le football dominical était également interdit. Voilà pourquoi certains joueurs ont toujours refusé de disputer ces matchs de Noël. La participation à ces rencontres était volontaire, les règlements de la Fédération précisant même qu’aucun club ne pouvait obliger un joueur à prendre part à un match le Vendredi Saint ou le jour de Noël. Plusieurs vedettes de l’époque, comme les internationaux anglais Arthur Bridgett (Sunderland) et Harold Fleming (Swindon), ont toujours refusé de jouer pour des raisons religieuses.

Plus étonnant encore, Arsenal n’a pas pu disputer un match le 25 décembre jusqu’en 1925. La faute au propriétaire des terrains sur lesquels le stade d’Highbury a été construit : le St John’s College of Divinity. Les termes du bail accordé aux Gunners étaient très clairs : interdiction de jouer des matchs pendant les fêtes religieuses. En 1925, le club a pu racheter les terrains et à 11h15, le 25 décembre, le club a pris part à son premier match de Noël, contre le comté de Notts et devant 33 500 supporters. Arsenal s’est imposé 3-0, avec Charlie Buchan parmi les buteurs.

LA TÊTE DANS LE BROUILLARD

Si le calendrier ultra-chargé de cette période s’est révélé très lucratif pour les clubs, on ne peut pas dire que les matchs de Noël étaient très populaires chez les joueurs. Il faut dire que beaucoup d’entre eux ne cachaient pas leur penchant pour la bouteille et pour les excès en tout genre, ce qui n’était pas forcément compatible avec les exigences sportives. Voilà aussi peut-être pourquoi certains clubs n’hésitaient pas à offrir de l’alcool à leurs joueurs en guise de cadeau de Noël.

Ted Crawford, attaquant de Clapton Orient devenu plus tard manager, aimait raconter que son équipe avait affronté Bournemouth le 25 décembre 1931 en totale ébriété. La faute à un baril de bière offert par le coach et rapidement sifflé. Crawford expliquait qu’il voyait flou et qu’il avait fini par s’effondrer sur le terrain. Les joueurs de Clapton Orient (devenu Leyton aujourd’hui) avaient perdu 2-1 mais avaient suffisamment dégrisé pour gagner le match retour du lendemain lors du Boxing Day (1-0).

Ted Crawford, attaquant de Clapton Orient devenu plus tard manager, aimait raconter que son équipe avait affronté Bournemouth le 25 décembre 1931 en totale ébriété. La faute à un baril de bière offert par le coach et rapidement sifflé.

Lors du Noël de 1937, ce n’est pas l’alcool mais le brouillard qui s’est invité dans les stades. La Grande-Bretagne a été plongée dans une épaisse couverture grise, entraînant le report ou l’abandon de nombreux matchs. La rencontre entre Chelsea et Charlton à Stamford Bridge a pu débuter et les deux équipes ont marqué un but en première période. Mais après la pause, le brouillard s’est épaissi et le gardien de Charlton, Sam Bartram, a commencé à ne plus voir ses coéquipiers. « Nous étions une bonne équipe à cette époque, se souvient-il dans son autobiographie. Nous attaquions beaucoup et j’ai vu de moins en moins de monde au fil des minutes. »

Alors que Bartram faisait les cent pas dans sa surface, imaginant que son équipe faisait le siège du camp des Blues, une silhouette a émergé du brouillard. « Mais que diable faites-vous encore ici ? » lui demanda un policier perplexe. Le match avait été arrêté il y a un quart d’heure et tout le monde avait quitté le terrain. « Quand je suis arrivé devant le vestiaire, tous mes coéquipiers étaient déjà douchés et changés, a écrit Bartram. Ils ont tous éclaté de rire en me voyant. »

Les fans se réunissent avant les coups d’envoi afin de chanter des chants de Noël, le tout en fumant un bon cigare et en dégustant une bonne bouteille.

Record de buts en 1940 mais record d’affluence en 1949. Alors que le football est à son apogée de sa popularité d’après-guerre, près de 3,5 millions de fans assistent aux matchs de Noël et des jours suivants. Au total, trois rencontres en quatre jours pour tous les clubs. Et pour certains supporters, le seul match qu’ils peuvent venir voir au cours de la saison.

L’atmosphère est alors particulièrement joviale et les fans se réunissent avant les coups d’envoi afin de chanter des chants de Noël, le tout en fumant un bon cigare et en dégustant une bonne bouteille. Dans les stades, on distribue des programmes de match, ornés de brins de houx et contenant les vœux des dirigeants, entraîneurs et joueurs.

C’est également à cette époque qu’une étrange coutume du football post-Seconde Guerre mondiale est apparue : le jet de peaux d’oranges sur les joueurs. Il s’agissait d’un fruit rare, luxueux même, et qu’on offrait volontiers à Noël. « Les supporters cachaient les oranges dans leurs chaussettes et après les avoir mangées, ils jetaient les peaux sur les joueurs adverses, se souvient Charlie Mitten, joueur de Manchester United entre 1946 et 1950. Et puis très vite, ils visaient les joueurs des deux équipes. »

LA FÊTE ÉGALEMENT EN EUROPE

Si le foot anglais a été longtemps à la fête le jour de Noël, c’est également un 25 décembre que le premier match de l’histoire de la Coupe des Villes de Foires s’est tenu. En 1955, une formation de Barcelone (le Barça au grand complet et un joueur de l’Espanyol) a affronté une équipe de Copenhague appelée Staevnet. Au Camp Nou, les Espagnols ont rapidement pris les devants (4-0) pour finalement s’imposer 6-2.

Le même jour, le Real Madrid a affronté le Partizan Belgrade en quarts de finale de la première Coupe d’Europe des Clubs Champions. Victoire 4-0 des Merengue, avec un but d’Alfredo Di Stefano. Quelques mois plus tard, Barcelone a remporté la première Coupe des Villes de Foires et le Real Madrid a triomphé en C1.

En fouinant dans les archives de la FIFA, on retrouve également la trace de matchs internationaux qui ont été joués le jour de Noël.

En fouinant dans les archives de la FIFA, on retrouve également la trace de matchs internationaux qui ont été joués le jour de Noël. Notamment en Amérique du Sud où l’Argentine, le Brésil, l’Équateur et le Paraguay ont tous joué des matchs de Copa America le 25 décembre. En Europe, la France a affronté la Belgique les 25 décembre 1952, 1955 et 1963 (trois défaites). Mais aussi la Bulgarie en 1957 (2-2). La Chine, la Corée du Sud, Israël, la Palestine, le Ghana et l’Ouzbékistan sont les autres sélections qui ont déjà disputé une rencontre internationale un jour de Noël. Et plus récemment, les Émirats Arabes Unis ont battu le Yémen (2-0) lors d’un match amical à Doha, le 25 décembre 2012.

Retour en Angleterre. Qui dit Noël dit souvent terrains enneigés. Et la fin décembre de 1956 a été l’une des plus blanches de l’histoire. « Les responsables de club ne font pas partie de ceux qui rêvent d’un Noël blanc », a rappelé The Guardian dans ses colonnes. Si le mauvais temps cette année-là – en plus une pénurie d’essence – a vidé les stades, tous les matchs du 25 décembre ont bien débuté. Seule la rencontre entre Coventry et Newport a été interrompue à cause d’une tempête de neige, le match retour du Boxing Day étant lui reporté.

L’année suivante, le jour de Noël 1957 a été le dernier avec une journée complète de championnat. L’arrivée des projecteurs autour des stades et les matchs en soirée ont fait disparaître cette nécessité de disputer des matchs en pleine journée, et plus particulièrement les jours fériés. Le 25 décembre 1957, Blackpool a battu Leicester (5-1), Manchester United a disposé de Luton (3-0), Sheffield Wednesday et Preston n’ont pu se départager (4-4) alors que Chelsea a étrillé Portsmouth (7-4) au terme d’une partie qui a vu Jimmy Greaves (17 ans) inscrire quatre buts pour les Blues.

En Écosse, où le football de Noël n’était pas aussi populaire qu’en Angleterre, on a également longtemps joué le 25 décembre… mais seulement quand cela tombait un samedi.

En 1958, seuls trois matchs de première division sont programmés le 25 décembre. Et un seul en 1959. Le dernier match de championnat disputé en Angleterre le jour de Noël a eu lieu en 1965 : Blackpool face à Blackburn, devant 21 000 personnes (victoire 4-2 de Blackpool). En Écosse, où le football de Noël n’était pas aussi populaire qu’en Angleterre, on a également longtemps joué le 25 décembre mais seulement quand cela tombait un samedi. Les derniers matchs disputés, Clydebank – St Mirren (2-2) et Alloa – Cowdenbeath (2-1), remontent à 1976.

Il y a bien eu une tentative pour relancer cette tradition du 25 décembre mais elle a échoué en 1983. Brentford, alors en troisième division, a fait une demande pour affronter Wimbledon à 11h00 le matin de Noël. « Nous espérons faire revivre une vieille tradition, quand les hommes iront voir du football le jour de Noël pendant que les femmes cuisineront la dinde », a alors déclaré Eric White, un responsable de Brentford. Une vision plutôt sexiste qui s’est retournée contre lui, les supporters des clubs protestant suffisamment fort pour que le match ait finalement lieu la veille de Noël.

Stamford Bridge (1956)

Moins de souci en revanche en Irlande du Nord où la finale de la Steel and Sons Cup a lieu traditionnellement le 25 décembre (sauf quand le 25 tombe un dimanche). Cette compétition, qui regroupe des équipes du niveau intermédiaire du foot irlandais, a été créée à la fin du 19eme siècle par un joaillier de Belfast, David Steel.

L’HEURE DE LA TÉLÉVISION

S’il est désormais habituel de passer les fêtes de Noël dans un fauteuil et de suivre du football, ce n’était évidemment pas aussi simple avant l’ère de la Premier League. Peu de matchs étaient ainsi programmés par les télévisions et les radios. En 1930, la BBC avait offert un cadeau de Noël à ses auditeurs sous la forme des commentaires en direct de la deuxième période de la manche retour entre Arsenal et Manchester City. Après un nul le 25 décembre à Maine Road, Arsenal s’était imposé 3-1 lors du Boxing Day.

Neuf ans plus tard et en pleine Seconde Guerre mondiale, le 26 décembre 1939, les fans ont pu suivre via les ondes une rencontre entre Sheffield Wednesday et Chesterfield. Ou plutôt une partie du match, le programme ne durant finalement que 30 minutes. La première rencontre diffusée en intégralité sur une radio a eu lieu le 26 décembre 1946 : Brentford contre Sheffield United. Et les matchs en direct sont rapidement devenus une tradition de Noël pour les radios.

Cela a mis en revanche plus de temps pour la télévision. La mythique émission Match of the Day a commencé en 1964 mais il a fallu attendre le Boxing Day de 1970 pour découvrir un plateau spécial pour l’évènement. En revanche, pas de match sur les écrans ! La faute aux craintes des conséquences économiques d’une plus grande couverture TV.

La Ligue a finalement conclu un accord au milieu des années 80 et le 27 décembre 1988, la chaine ITV a enfin offert à ses téléspectateurs un match de Noël : Norwich contre West Ham, en direct de Carrow Road. Norwich a gagné 2-1, sous les yeux du commentateur Martin Tyler. Trois décennies plus tard, c’est toujours sa voix qui accompagne les téléspectateurs anglais. Comme quoi, certaines traditions continuent à perdurer.

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