Les présidents de club les plus fous



Un éléphant dans les rues de Madrid, des enveloppes d’argent dans un jardin, une tentative d’incendie de son propre stade, une statue de Michael Jackson ou une Bugatti en guise de cadeau d’anniversaire… Voilà les frasques des présidents de club les plus fous.

JESUS GIL – Atlético Madrid (1987-2003)

Jusque-là très discret, Gil est entré dans la légende en arpentant les rues de Madrid à dos d’éléphant pour célébrer le doublé des Rojiblancos en 1996. « Je suis aussi populaire qu’un dieu », a-t-il alors sobrement lâché. Pour tous ceux qui ont suivi l’incroyable ascension de Gil (qui a vécu gratuitement dans un bordel en gérant les finances des prostituées), il n’y a là rien de très surprenant. Il a fait fortune dans l’immobilier et est devenu maire de Marbella. En seize saisons à la tête de l’Atlético, celui que l’on comparait à Silvio Berlusconi a usé 39 entraîneurs, engagé 141 joueurs et fermé le centre de formation, envoyant ainsi Raul au Real Madrid. Si les supporters admiraient sa passion (il a été suspendu après avoir agressé le dirigeant du club de Compostelle) et son franc-parler (il a estimé que ses joueurs étaient moins intelligents que des chevaux), les autorités sportives et judiciaires étaient en revanche beaucoup moins sous le charme. A sa mort en 2004, âgé de 71 ans, il était encore passible d’une longue peine d’emprisonnement pour fraude. Il a en revanche eu la chance d’obtenir le pardon du général Franco lorsqu’un restaurant qu’il avait fait construire, sans architecte ni géomètre, s’est effondré, faisant 58 victimes. Alors qu’on lui a un jour conseillé de prendre du repos suite à la pose d’un pacemaker, Gil a lancé : « Ils n’ont qu’à me greffer le cœur dans le cul ! » Ledit cœur finira par lâcher, six jours après un infarctus.

DMITRY PITERMAN – Racing Santander (2003) puis Alaves (2004-2007)

Qui n’a pas un jour rêvé de gérer un club de football ? L’ancien athlète olympien du saut en longueur, Dmitry Piterman, a franchi le cap en s’offrant une équipe en janvier 2003. Devenu homme d’affaires, l’Ukraino-Américain est alors le nouvel actionnaire majoritaire du club de Santander. Son manque total d’expérience en football ne l’effraie pas. Nullement découragé, il va même s’autoproclamer photographe et intendant du club afin de pouvoir s’asseoir sur le banc de touche et diriger l’équipe, devant l’entraîneur Chuchi Cos, présent uniquement pour la forme. « Je venais de construire la maison de mes rêves, commentera l’ancien patron des Verdiblancos Manolo Preciado. Mais un pigeon est passé par là et a chié sur le toit. » Piterman se soucie peu de l’avis des gens. « La nation la plus puissante au monde est dirigée par une truffe sans aucun diplôme, déclare-t-il, faisant allusion au président américain George W.Bush. Et vous me demandez un diplôme pour diriger une équipe de football ? » L’aventure à Santander va tourner court mais six mois plus tard, il réapparaît à Alaves, où il prend le contrôle. Submergé de bonheur à l’idée d’accéder au banc du club basque, il pose nu, tel Rodin, pour Tinker, avec pour seul accessoire un panneau tactique. Mais les fonds s’épuisent et il se retire du club en 2007. En 2012, la Cour Suprême décide de suspendre Piterman de toute activité sur le sol espagnol pendant 15 ans. Rendez-vous en 2027 ?

RATKO BUTOROVIC – FK Vojvodina (2006-2013)

Butorovic ne passe pas inaperçu. Malgré ses 50 ans bien tassés et ses cheveux blancs, le propriétaire de l’équipe serbe du FK Vojvodina aime parader les jours de match avec de nombreux accessoires : casquette de baseball, lunettes de soleil, médailles en or et même un survêtement pour les occasions spéciales. Ami du rappeur 50 Cent (selon certaines sources), Butorovic semble s’inspirer du style vestimentaire de Jimmy Saville. Il n’est donc pas forcément surprenant qu’il se retrouve impliqué dans des affaires de matchs truqués en 2006. Des affaires classées sans suite, faute de preuves. Une chose est certaine : Ratko Butorovic n’est pas sa véritable identité. Un changement de nom apparemment lié à quelques soucis à l’étranger. Ceci dit, la plupart des gens l’appelle « Bata Kan Kan », un surnom hérité du nom d’un magasin qu’il possède à Novi Sad. Son règne à Vojvodine ne prend fin qu’avec sa mort, de causes naturelles, en 2013.

SERHIY KURCHENKO – Metalist Kharkiv (2012-2014)

Il y a six ans, le nouveau propriétaire du Metalist Kharkiv, surnommé le « sorcier du gaz » par les médias ukrainiens, promet la Ligue des Champions à ses fans. Aujourd’hui, le club tente de se remettre de la banqueroute et Serhiy Kurchenko est l’une des personnes les plus recherchées au monde après avoir fui l’Ukraine en 2014. Son acquisition du Metalist Kharkiv s’était déjà faite dans des circonstances assez surprenantes. Le magnat ukrainien Oleksandr Yaroslavsky vient en effet d’investir 270 M€ dans l’équipe et dans son stade, retenu pour l’Euro 2012, quand il décide de vendre le club à Kurchenko, nouveau riche issu de l’industrie énergétique ukrainienne après onze ans en tant que coursier dans l’industrie du pétrole et du gaz. Lors de la première saison de Kurchenko en tant que propriétaire, le club termine deuxième du championnat, soit le meilleur résultat de son histoire. Mais soupçonné de fraude à hauteur de 380 M€, Kurchenko prend la fuite en mars 2014. Le Metalist implose deux ans plus tard pour évoluer aujourd’hui en ligue amateur.

LOUIS NICOLLIN – Montpellier (1974 – 2017)

Ayant fait fortune dans le nettoyage urbain, le patron charismatique de Montpellier ratait rarement l’occasion de faire les gros titres. Seul Loulou savait si ses joueurs lui coûtaient plus cher que ses maîtresses, comme il l’a affirmé un jour en rigolant. Lui seul pouvait expliquer pourquoi, lors de l’arrivée de Carlo Ancelotti au PSG en 2011, il a insisté sur le fait que l’Italien allait acheter des  »mangeurs de corned-beef ». Lui seul pouvait dire pourquoi, lors du départ de Rolland Courbis, il a répété l’une de ses citations préférées : « Chacun baise sa femme comme il le veut. » Lorsqu’il rachète Montpellier dans les années 1970, le club a perdu son statut professionnel. De ce point de vu, le titre de champion de 2012 est remarquable. Alors âgé de 68 ans, Nicollin va tenir sa promesse en arborant une crête orange et bleue, les couleurs du club. Loulou avait déclaré qu’il ne prendrait sa retraite que le jour où Montpellier remporterait la Ligue des Champions. Si cela arrivait, il voulait « devenir moine, nu sous ma robe, sans chaussettes en hiver. » Une crise cardiaque, en juin 2017 le jour de son anniversaire, en a décidé autrement.

STAN FLASHMAN – Barnet (1985-1993)

Fils bien nommé d’un tailleur de l’est de Londres, Stan Flashman a longtemps été considéré comme le roi de la magouille (il prétendait pouvoir se procurer n’importe quel ticket, de la finale de FA Cup aux réceptions en plein air données par la reine), avant de racheter Barnet pour 60 000€ en 1985. Il se montre alors tour à tour généreux et odieux. Si son argent permet aux Bees d’être promus en League (Division 4), Flashman se montre grossier, voire violent, avec les fans et les médias qui l’insupportent. Avec un entraîneur tout aussi fougueux en la personne de Barry Fry, le désastre semble assuré. Fry est viré plus de vingt fois mais n’en tient pas compte et revient toujours le lendemain, même lorsque Flashman le menace de mort. « D’une minute à l’autre, Stan pouvait être l’homme le plus généreux sur Terre et un véritable monstre, se souvient Fry. Il pouvait se comporter comme une vraie salope. » Flashman quittera Barnet en 1993 alors que le club est menacé de banqueroute et il meurt d’un infarctus six ans plus tard.

MOHAMED AL FAYED – Fulham (1997-2013)

Derrière les pitreries télévisées d’Al Fayed (où on le voit, entre autres, donner du Viagra à Whitney Houston et rapper sur  »Can I Nick It » avec Ali G à la télé) se cache un individu des plus étranges. Il se retrouve ainsi mêlé à une affaire de corruption de parlementaires et de violence avec son staff. Il n’hésite pas non plus à traiter avec le dictateur haïtien « Papa Doc » Duvalier. Cependant, le propriétaire égyptien de l’Hôtel Ritz de Paris aura été considéré comme un excentrique inoffensif lors de sa présence à la tête de Fulham, qu’il achète pour 7,5 M€ en 1997 et qu’il mène en Premier League au bout de quatre saisons. Avec lui, le club prospère et Al Fayed soigne sa réputation grâce à l’argent qu’il investit dans le centre de Great Ormond Street et qu’il met à disposition de Kevin Keegan pour l’équipe d’Angleterre. Mais la fantaisie d’Al Fayed refait régulièrement surface. Que ce soit lorsqu’il accuse le MI6 et le Prince Philip d’être à l’origine de la mort de son fils Dodi et de Lady Di, lorsqu’il dévoile cette fameuse statue de Michael Jackson en 2011 (« Si des idiots de fans sont incapables d’apprécier et de comprendre ce qu’il a offert au monde, qu’ils aillent au diable ! ») ou encore lorsqu’il annonce qu’il se verrait bien président d’une Écosse indépendante.

BERNARD TAPIE Marseille (1986-1994)

Footballeur doué au lycée, chanteur de cabaret déçu, acquéreur compulsif d’entreprises (il en achètera 41 entre 1987 et 1990) et fantaisiste en série, Bernard Tapie est la personnalité la plus controversée de l’histoire du football français. Propriétaire de l’OM, il fait de chaque rencontre une fête de famille agrémentée de feux d’artifice, de musique et de lasers, se consolant de n’avoir su attirer Diego Maradona en obtenant la signature de Chris Waddle. Lorsqu’en 1993, les Phocéens deviennent la première équipe française à remporter la Ligue des Champions grâce à un but de Basile Boli, Tapie fond en larmes. Quelques semaines plus tard, d’autres larmes vont couler quand les affaires de corruption éclatent au grand jour. Des pots de vin pas très subtils avec des enveloppes remplies de billets qui sont retrouvées dans le jardin de la tante d’un joueur corrompu tandis que le buteur des Rangers, Mark Hateley, déclarera plus tard avoir reçu de l’argent pour lever le pied face au club français. La réaction des autorités ne se fait pas attendre. Une douzaine de joueurs est arrêtée lors de la préparation d’avant-saison, l’OM est déchu de son titre national et est suspendu de toutes compétitions européennes par l’UEFA. Reconnu coupable de corruption et d’irrégularités liées aux comptes du club, Tapie est condamné à deux ans de prison, dont huit mois fermes.

SILVIO BERLUSCONI – Milan AC (1986-2017)

Lors des 31 saisons de Berlusconi à la tête du Milan AC, les Rossoneri ont été sacrés rois d’Europe à cinq reprises. Et la vie de l’ancien propriétaire a été également animée hors du terrain. Adepte de la démesure, Berlusconi atterrit en hélicoptère dans le rond central, sur La Chevauchée des Walkyries de Wagner, lors de sa première apparition à l’Arena Civica en 1986. S’il devient quelques années plus tard Premier Ministre, l’Italien continue de susciter la controverse. Il tient ainsi des propos plus que douteux liés à la couleur de peau, décrivant Barack Obama comme « bronzé », puis exprimant son souhait d’une équipe du Milan AC 100% italienne, ajoutant que « Mario Balotelli est également italien même s’il s’est trop exposé au soleil ». Berlusconi est victime d’une agression en 2009 lorsqu’un inconnu le frappe au visage à l’aide d’une statuette lors d’un rassemblement politique. Vexé, il promet alors de quitter ce « pays de merde ». Il reste néanmoins toujours très présent à Milan, malgré la fin de son règne à San Siro suite à la vente de ses parts à un consortium chinois pour 750 millions d’euros.

ROBERT MAXWELL – Oxford United (1982-1987) puis Derby County (1987-1991)

Rares sont les présidents à avoir eu une vie aussi riche que Robert Maxwell. Né Jan Ludvik Hyman Binyamin Hoch dans la Tchécoslovaquie des années 1920, une grande partie de sa famille est tuée par les nazis et il fuit en Angleterre pour y rejoindre l’armée. Il participe au débarquement en Normandie et reçoit la Croix militaire. Il change alors d’identité lorsqu’il s’installe à Oxford et crée une impressionnante entreprise d’édition et de publication. Il devient député travailliste dans les années 1960 puis propriétaire du Mirror Group en 1984. Sa science du football n’est malheureusement pas à la hauteur de son sens des affaires. S’il sauve Oxford de la banqueroute, nombreux sont ceux à le considérer comme un traître lorsqu’il propose une fusion avec Reading en 1983 pour devenir les « Thames Valley Royals ». Si l’entente n’a finalement pas lieu, Oxford parvient tout de même à rejoindre l’élite en 1985 et à remporter la League Cup l’année suivante. N’étant pas parvenu à acquérir Manchester United, Maxwell s’offre Derby en 1987 mais déçoit rapidement les fans des Rams par son manque d’investissements. Il décède après avoir chuté de son yacht, en 1991, laissant derrière lui un empire en faillite et de nombreux employés privés de leur salaire.

MAURIZIO ZAMPARINI – Palerme (2002-2017)

Il a souvent été question de testicules dans l’esprit de Zamparini durant ses quinze années mouvementées de règne en tant que président et propriétaire de Palerme. Si la défaite fait partie du sport, elle est avant tout une question de virilité pour l’homme d’affaires italien. Après une série de cinq défaites en six matchs en 2008, celui-ci déclare : « Ce n’est pas un groupe d’hommes mais une équipe de filles. » Suite à un match nul face à une équipe de Bari réduite à dix en 2010, il s’en prend à Delio Rossi : « L’entraîneur de Palerme n’a pas de couilles. » Mais tout cela n’est rien comparé à ses menaces de « couper les testicules de ses joueurs et de les manger en salade » s’ils ne s’améliorent pas. Si le football italien est réputé pour ses propriétaires mangiallenatori (mangeurs d’entraîneurs), Zamparini détient le record inégalé de quarante entraîneurs virés en quinze ans (huit pour la seule saison 2015-16). Parmi ses victimes figurent Walter Zenga (licencié au bout de treize matchs), Stefano Pioli (en poste pendant 90 jours) et Serse Cosmi (remplacé au bout quatre journées en 2011). Zamparini semble bien plus doué pour dénicher des talents comme Luca Toni, Javier Pastore, Edinson Cavani, Fabio Grosso et Paolo Dybala. Sa dernière décision est intervenue il y a quelques mois. Alors que les Eagles étaient potentiellement relégables, il a décidé de quitter le club et de le vendre à un fonds d’investisseurs.

JAN BECH ANDERSEN – Brondby (2014-2016)

Quand vous êtes président de l’un des plus grands clubs du pays, mieux vaut éviter de critiquer votre entraîneur sur un forum de fans, même caché derrière un pseudonyme. Et surtout, mieux vaut ne pas se faire prendre. C’est exactement ce qui est arrivé au patron de Brondby, Jan Bech Andersen, dans ce que les Danois appellent aujourd’hui l’Oscar-Gate. Alors qu’il s’exprime sur le forum de discussion SydSiden Online sous le pseudo de « Oscar », le prénom de son fils, Andersen règle ses comptes et s’en prend à l’entraîneur Thomas Frank et à l’ancien directeur sportif Per Rud. Il les accuse de prendre des décisions insensées et critique les arrivées de Johan Elmander, ancien buteur de Bolton, ainsi que celles de Fredrik Semb Berge et Elba Rashani, en provenance d’Odds BK. « Cela continue de faire rire en Norvège », ironise-t-il. Malheureusement pour lui, Andersen se fait démasquer et Thomas Frank (aujourd’hui assistant à Brentford) décide de quitter le club. Sous la pression des médias, Andersen finira par démissionner quelques semaines plus tard.

TERRY SMITH – Chester City (1999-2001)

« Si je dois dire que nous serons en First Division dans trois ans et faire en sorte que les gens y croient, alors je le ferai. » Tels sont les propos courageux de Smith après avoir assaini la situation financière de Chester. Une implication également motivée par son amour pour le zoo voisin. Malheureusement, les sangliers des Visayas et les mangoustes naines d’Afrique n’auront pas plus servi au club que l’expérience de Smith en tant qu’entraîneur de football américain pour la ligne défensive des New England Patriots. Sa connaissance du football est trop limitée (il reconnaîtra avoir toujours cru que Bobby Charlton était écossais) et ses méthodes se révèlent désastreuses. Kevin Ratcliffe démissionne de son poste d’entraîneur, invoquant un problème d’interférence de la part du propriétaire après que celui-ci ait mis plusieurs joueurs étrangers à l’essai. Smith décide alors de prendre lui-même la direction de l’équipe. Il nomme trois capitaines différents (un par ligne) et demande aux joueurs de prier avant le coup d’envoi. On raconte même qu’il aurait tenté de remplacer un joueur qui venait juste de se faire expulser. Smith décide finalement de nommer Ian Atkins comme entraîneur mais celui-ci ne peut éviter la relégation en Conference. Au bout d’un an, l’objectif d’accéder en First Division en trois ans n’est déjà plus réalisable. Il décidera de vendre en 2011.

RAMZAN KADYROV – Terek Grozny (2004-2011)

Ramzan Kadyrov a beau être un ancien chef de guerre tchétchène de 40 ans, il est toujours partant pour un petit match. C’est pourquoi il a profité de l’inauguration du tout nouveau stade de Terek Grozny, en mai 2011, pour organiser un match de légendes, jouer en pointe et passer la soirée à mettre la main aux fesses de Diego Maradona. Kadyrov étant le chef de la République tchétchène et le président de Terek Grozny, on ne s’étonnera pas qu’aucune faute n’ait été signalée contre lui et que son équipe ait triomphé 5-2, même si d’anciennes stars telles que Luis Figo et Franco Baresi figuraient dans l’équipe adverse. Lors de son règne à la tête de Terek Grozny, il engage Ruud Gullit comme entraîneur puis le vire presque aussi vite. Et même après avoir quitté la présidence du club, il n’hésite pas à s’emparer d’un micro lors d’un match pour traiter l’arbitre de « trou du cul », en réaction à plusieurs décisions qu’il estime injustes.

ZDRAVKO MAMIC – Dynamo Zagreb (2003-2016)

« Je vais vous mutiler un par un. Bande d’ânes, priez Dieu pour que je reste ici car le jour où je pars, vous souffrirez comme jamais. » Voilà l’un des nombreux coups de gueule de Zdravko Mamic, directeur exécutif du Dynamo Zagreb entre 2003 et 2016 en dépit de sa suspension à vie après avoir agressé un directeur de la Fédération croate. Mamic s’est toujours montré agressif à l’encontre des journalistes. Un jour, l’un d’entre eux a d’ailleurs dû s’enfuir et aller se cacher dans des buissons après que ses questions aient déclenché la colère de Mamic. Ce dernier s’est également illustré en saluant une victoire en Ligue des Champions face à Ekranes par un salut nazi ou encore en tenant des propos déplacés envers une danseuse du ventre en Azerbaïdjan. En 2014, il est interdit de stade pendant neuf mois après s’être battu avec l’ancien joueur de Hadjuk Split, Ivo Bego (âgé de 77 ans), le tribunal soulignant l’acharnement ‘ »malsain » dont a fait preuve Mamic envers sa victime. S’en suit une arrestation en 2015 pour des irrégularités de transferts tandis qu’il fait l’objet d’enquêtes pour fraude fiscale et corruption. Bien qu’il ait démissionné de son poste de directeur exécutif du Dynamo, Zdravko devient conseiller et son omniprésence en tant que vice-président de la Fédération croate ne manque pas d’irriter de nombreuses personnes dans le pays. Ce mécontentement sera également à l’origine des protestations lors d’un match face à la République tchèque lors de l’Euro 2016. Conséquence, Mamic démissionnera de ses fonctions au sein de la Fédération.

KEN RICHARDSON – Doncaster Rovers (1993-1999)

Auto-proclamé sauveur de Doncaster, Richardson tombe en disgrâce et quitte le club après avoir été incarcéré pour avoir tenté de mettre le feu au stade. Il avait auparavant écopé d’une amende de 25 000 € pour son implication dans un scandale de paris hippiques et son souhait de voir jouer Donny dans un tout nouveau stade l’a incité à verser 12 000 € à un ancien soldat des SAS pour qu’il mette le feu à la tribune principale de l’enceinte. Le montant des dégâts occasionnés par l’incendie s’élève à 120 000 € mais les choses tournent mal lorsque Alan Kristiansen, l’homme embauché pour le déclencher, oublie son téléphone sur place, permettant ainsi aux enquêteurs de retrouver sa trace. Richardson est condamné à quatre ans de prison en 1999 et les détectives le décrivent alors comme « le genre de type capable de piétiner un gamin de 2 ans pour un bonbon ». Avant cela, le club a déjà commencé à couler. Kerry Dixon démissionne de son poste d’entraîneur, se plaignant d’interférence dans la composition d’équipe, et le club est rétrogradé en Conférence en 1997-98 après avoir encaissé 113 buts et perdu 34 de ses 46 matchs de championnat. Un record encore inégalé à ce jour.

GIGI BECALI – Steaua Bucarest (2003-…)

S’il y a une personne que le propriétaire de longue date du Steaua Bucarest ne supporte pas, c’est bien Lady Gaga. « Lorsqu’elle passe à la télé, je change de chaîne et je crache sur l’écran, dit-il. Va-t’en, Satan ! » Aussi étrange soit-elle, cette réaction colle parfaitement au personnage de Gigi Becali, célèbre pour ses nombreuses controverses. Ancien berger devenu membre du parlement européen, le Roumain a renvoyé le DJ du Steaua pour avoir passé un tube de Queen, en raison de l’orientation sexuelle de Freddie Mercury, et a également fait annuler le prêt de Rafal Grzelak par le Skoda Xanthi sous prétexte qu’il « n’existe aucun grand joueur chauve ». Becali a également déclaré un jour que Roman Abramovich avait besoin « d’une gifle ou deux » avant une rencontre face à Chelsea. Et il possède un tableau le représentant avec les traits de Jésus, même s’il soutient que celui-ci lui a été offert. Il a également eu quelques soucis avec la loi et fait l’objet d’une peine avec sursis pour avoir séquestré trois personnes suspectées d’être impliquées dans le vol de sa voiture en 2009. Incarcéré en 2013 pour abus de pouvoir lors d’une transaction immobilière, la prison ne l’empêche pas de continuer à diriger le Steaua. Il empêche ainsi le transfert de Vlad Chiriches chez les Spurs par le biais de son appel téléphonique quotidien. Pour finalement vendre le défenseur quelques semaines plus tard… Aujourd’hui libre, Becali est en conflit depuis deux ans avec l’armée roumaine, qui a fait valoir son droit de propriété exclusive du nom et du blason du club, l’obligeant ainsi à rebaptiser les Rouge et Bleu le FCSB. Et de déclarer : « Cela signifie Faci Ce Spune Becali (Fais ce que Bevali te dit) : c’est mon argent. »

SAM HAMMAM – Wimbledon (1977-2000) puis Cardiff City (2000-2013)

S’il y a une chose que Sam Hammam a particulièrement appréciée lorsqu’il était propriétaire de Wimbledon et de Cardiff City, c’est bien les plaisanteries avec des animaux. Le goût de la farce de cet homme d’affaires libanais est à l’image des Crazy Gang de Wimbledon et il leur a permis de passer du championnat amateur à la FA Cup, remportée face à Liverpool en 1988 (qui donnera lieu à une parade en éléphant sur la pelouse de Selhurst Park). Hammam promet également d’offrir un chameau à Dean Holdsworth si son buteur inscrit vingt buts lors de la saison (l’avant-centre n’en inscrira que 19). Sam Hamman tiendra néanmoins sa promesse de bécoter les fesses de Holdsworth lorsque celui-ci inscrira son 15eme but. Il prend ensuite la direction du sud du pays de Galles et de Cardiff où il insère une clause dans le contrat de la nouvelle recrue Spencer Prior, selon laquelle le défenseur s’engage à manger des testicules de mouton. Il y a même une autre clause exigeant que le stoppeur originaire de Southend ait une « relation physique » avec un mouton (pas le même a priori), même si cette fois, il s’agit bien d’une plaisanterie. « Ma femme craignait que je le prenne au pied de la lettre », confiera un Prior soulagé.

LUCIANO GAUCCI – Pérouse (1991-2004)

Lorsque l’attaquant Ahn Jung-Hwan, alors en prêt à Pérouse, inscrit un but pendant le temps additionnel face à l’Italie lors de la Coupe du Monde 2002, son employeur Luciano Gaucci devient fou. « Je considère son comportement, non seulement comme un affront à la fierté italienne, mais également une injure au pays qui lui a ouvert ses portes, enrage le président de Pérouse. Je n’ai aucune intention de payer le salaire d’un joueur qui a ruiné le football italien. Il ne remettra plus jamais les pieds à Pérouse. » Gaucci finit par se calmer et réalise qu’il souhaite lever l’option d’achat du joueur. Mais le Sud-Coréen ne l’entend plus ainsi. Un an plus tard, le fantasque président de Pérouse engage Saadi Gaddafi, fils du Colonel Gaddafi. L’entraîneur personnel de l’attaquant n’est autre que le sprinter déchu Ben Johnson et le Libyen sera contrôlé positif lors d’un test antidopage effectué alors qu’il est remplaçant. « Même en étant deux fois plus rapide, il reste incroyablement lent », écrira un journaliste italien. Le patron de Pérouse tentera également d’enrôler les joueuses Hanna Ljunberg et Birgit Prinz (qu’il trouve très belle) pour son équipe masculine. Le projet n’aboutira finalement pas, le club faisant faillite en 2005. Gaucci fuit alors en République Dominicaine avant d’être condamné à trois ans de prison avec sursis.

SULEYMAN KERIMOV – Anzhi Makhachkala (2011-2016)

Si Kerimov doit sa réputation aux millions d’euros qu’il a investis dans le club russe d’Anzhi Makhachkala, on se souvient aussi du rôle qu’il a joué dans le fiasco du gâteau d’anniversaire de Yaya Touré. « Yaya a eu un gâteau alors que le président d’Anzhi a offert une Bugatti à Roberto Carlos pour son anniversaire », souligne Dimitri Seluk, l’agent de Touré, lors de l’un des plus incroyables imbroglios financiers de l’histoire récente du football. Et Seluk dit vrai : pour célébrer les 38 ans de Roberto Carlos, Kerimov offre au Brésilien une nouvelle Bugatti Veyron, qu’il fait livrer directement en Afrique du Sud. L’endroit peine à attirer les stars mondiales mais Kerimov, qui figure parmi les 100 personnes les plus riches de la planète, a des moyens à la hauteur de ses ambitions : Samuel Eto’o (qui devient le joueur le mieux payé au monde avec un salaire de 420 000 € par semaine), la star brésilienne Willian, Chris Samba et l’entraîneur Guus Hidink rejoignent le club. Les résultats sont prometteurs : les 350 millions investis permettent au club de passer de la deuxième division à la troisième place de l’élite. Mais Kerimov décide de ne plus investir son argent dans le club, réduit le budget de deux tiers et vend les joueurs qu’il vient d’acheter. Anzhi est vite relégué. Les Bugatti comme cadeau d’anniversaire, c’est terminé !

GEORGE REYNOLDS – Darlington (1999-2004)

Difficile d’imaginer à quel point les choses vont mal se passer lorsque Reynolds, déjà condamné pour braquage, devient propriétaire de Darlington en 1999. Il investit 24 millions d’euros dans la construction d’un stade flambant neuf à son nom, pouvant accueillir 25 000 spectateurs pour un club en attirant en moyenne… 5 000. Cette extravagance est la dernière d’une longue liste pour ce repenti, qui achètera également une maison voisine de celle des Spice Girls à Londres. Ses ambitions pour Darlington sont si grandes qu’il sera à deux doigts de faire signer Faustino Asprilla, paradant en sa compagnie sur la pelouse du stade avant que le Colombien ne change d’avis et prenne la direction du Moyen-Orient. Les choses se gâtent lorsque les joueurs décident de lâcher le club suite à des propos tenus par la femme du propriétaire sur un forum de fans. « Les joueurs sont des moutons. Lorsque l’un d’entre eux se lève, ils se lèvent tous. Je serais heureux d’en voir quelques-uns partir », déclare alors George Reynolds. Les fans n’affluent pas dans le nouveau stade, Darlington est placé sous administration judiciaire et Reynolds est arrêté suite à des soupçons de blanchiment d’argent. Il nie toute accusation mais sera ensuite incarcéré pour fraude fiscale. Les Quakers feront face à de gros soucis financiers après son départ et devront renoncer à leur stade, rebaptisé « Darlington Arena » depuis et qui appartient aujourd’hui au club de rugby de troisième division de Darlington Mowden Park.

BULAT CHAGAEV – Neuchâtel Xamax (2011-2012)

Le vendredi 13 mai 2011 restera la pire journée de l’histoire de Neuchâtel Xamax. Ce jour-là, le nouveau propriétaire du club suisse, le mystérieux homme d’affaires tchétchène Bulat Chagaev, prend les commandes du club et se fixe comme objectif de ramener la Ligue des Champions dans cette ville de 33 000 habitants. Fin mai, deux entraîneurs ont déjà été remerciés. Et après avoir perdu la finale de la Coupe de Suisse face à Sion, il se précipite dans les vestiaires et déclare à ses joueurs : « Je vais tous vous tuer. » Cela donne une idée de l’atmosphère délirante dans laquelle Chagaev s’est efforcé de faire signer David Trezeguet, d’offrir un poste à Diego Maradona, de promettre un salaire de 1,9 M€ au défenseur de Valence David Navarro (soit le salaire le plus élevé de toute l’histoire du football suisse), de virer tous les sponsors locaux, de créer des tensions avec plusieurs groupes de supporters et souvent d’omettre de verser le salaire de ses joueurs. Lorsque les garanties financières présentées à la Super League suisse s’avèreront sans valeur, Xamax sera exclu de la division et fera faillite en 2012. Bulat sera ensuite condamné à trois ans de prison pour activités criminelles, tentative de fraude, détournement de fonds et falsification de documents. Xamax, qui avait remporté le championnat suisse à deux reprises à la fin des années 80, s’est depuis relevé.

JOHN BATCHELOR – York City (2002-2003)

Lorsque John Batchelor est entré dans le bureau de Douglas Craig, propriétaire de York, pour lui racheter le club pour 1,2 million d’euros en mars 2002, les supporters accueillent à bras ouverts ce vendeur de rouleaux de papier toilette plutôt excentrique. Parmi ses grandes idées figure celle de rebaptiser le club des Mistermen le « York City Soccer Club », afin de mieux tirer profit du marché américain. Mais aussi la signature de Rogerio Carvalho parce qu’il est brésilien (mais aussi très mauvais), la création d’un nouveau blason sur lequel figure un drapeau à damier (clin d’œil à l’écurie de course de Batchelor), ainsi que les promesses d’une radio du club et d’un bar de supporters en centre-ville. Le club se retrouve en liquidation en décembre de la même année. Quelques semaines plus tard, sur la pelouse du stade à la mi-temps du premier tour de la FA Cup face à Swansea, Batchelor annonce la vente du club à un collectif de supporters. Le lendemain matin, il change d’avis, met en vente les tickets pour les six mois à venir et met dans sa poche la quasi-totalité des 500 000 € du contrat avec Persimmon Homes pour le bail de la pelouse de Bootham Crescent. Il utilisera même les bénéfices pour s’offrir une maison. « En fait, je leur mentais », révèlera plus tard Batchelor à The Guardian, avant de décéder en 2010 à l’âge de 51 ans. Il admettra également n’avoir cherché qu’à piller le club pour gagner rapidement de l’argent. Difficile de ne pas le remarquer.

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