Pablo Escobar, baron de la drogue et du football



S’il était peut-être l’un des criminels les plus infâmes de l’histoire, Pablo Escobar avait également un faible pour le football. Voilà comment sa passion pour le ballon (et l’argent) a changé le visage du foot en Colombie.

La réputation et l’héritage de Pablo Escobar, trafiquant de drogue colombien devenu le criminel le plus riche de l’histoire, constituent encore aujourd’hui un sacré nœud à démêler. Si les téléspectateurs de Netflix s’extasient dans le monde entier devant le superpuissant Narcos, cet homme qui assassinait des ministres tout en pensant à la construction de son propre zoo, le peuple colombien, qui a vécu ce chaos très réel, a lui des sentiments beaucoup plus partagés.

Pablo Escobar était beaucoup de choses : un assassin, un corrupteur, un poseur de bombes, un trafiquant… Mais pour certains, il reste un Saint improbable. Preuve de cette affection, un énorme drapeau floqué Escobar orne encore l’entrée du quartier qu’il a construit, sur le site d’une usine à déchets, afin de loger les pauvres. Sur le bord des routes de Medellin, sa ville natale, des vendeurs d’autocollants de voiture rapportent que  »Pablito » reste leur meilleure vente devant Jésus, Hello Kitty et Les Simpsons. Il existe même un album d’autocollants Escobar pour les enfants !

L’INFLUENCE DU FOOTBALL

Tout le monde ne partage évidemment pas cette affection pour le plus grand trafiquant de l’histoire de la Colombie. Il y a même du dégoût devant une telle renommée. Rodrigo Lara Restrepo, fils du ministre de la Justice assassiné par des hommes du trafiquant en avril 1984, affirme ainsi que la vente de ces autocollants à l’effigie d’Escobar est révélatrice. « Un exemple du triomphe de la culture qu’il incarnait : le profit plus important que tout. » Tous les Colombiens tirent en revanche le même constat : l’histoire récente de leur pays est indissociable de celle d’El Patron.

Son influence sur la pègre, sur le gouvernement et sur la police était évidente. Et ses tentacules s’étendaient aussi sur le monde du football. Oui, Pablo Escobar aimait ce sport. Il regardait et parlait des matchs à chaque occasion. Mais il est surtout derrière l’incroyable ascension puis la chute des résultats colombiens entre le milieu des années 80 et la Coupe du Monde 1994. « Pablo a toujours aimé le football », confirme sa sœur Luz Maria dans  »The Two Escobars », un formidable documentaire d’ESPN sur la vie du trafiquant et sur celle d’Andres Escobar Saldarriaga, international colombien assassiné après le Mondial aux USA.

Rene Higuita

NAGER DANS L’ARGENT

Pablo Escobar est issue d’une famille de sept enfants. Un papa fermier et une mère institutrice. Une enfance heureuse, à l’abri de la pauvreté mais pendant laquelle la brutalité du jeune Pablo se révèle rapidement. Après les petits délits avec son frère Roberto (arnaques en tout genre, contrebande de cigarettes), Escobar cherche rapidement à gagner beaucoup d’argent. Il n’a que 20 ans et c’est l’époque des enlèvements et des demandes de rançons à Medellin. Très vite, il empoche 100 000 $ puis les deux frères réalisent que le trafic de drogue est de loin le plus rentable.

Pablo Escobar a tout de suite compris que la croissante popularité de la cocaïne et la relative facilité de voyager vers la Floride allaient le conduire vers la fortune. A son apogée, Pablo était ainsi assis sur 50 milliards de dollars et il fournissait 80% de la cocaïne américaine. Sa stratégie était toute aussi simple pour s’en sortir : « argent ou plomb ». Il soudoyait les fonctionnaires disposés à marcher dans ses combines et assassinait ceux qu’il ne pouvait pas acheter.

Surveillé par le gouvernement colombien et les États-Unis, Escobar a été confronté à un problème peu commun : trouver un moyen de dépenser ses montagnes d’argent. Des tonnes de billets ont été enterrés dans les campagnes ou dépensés dans les voitures et les propriétés. Doté d’une une véritable conscience sociale, Escobar était également déterminé à utiliser sa richesse pour aider les Colombiens dans le besoin. Il a ainsi construit des maisons et des écoles dans les communautés pauvres, se faisant une réputation de Robin des Bois. Son acte préféré de bienfaisance ? La création de terrains de football dans les bidonvilles. « Il a mis l’accent sur la générosité dans la communauté, confirme Luz Maria. Dans notre quartier, Pablo a payé des projecteurs autour des terrains et donné des équipements de football. »

BLANCHIMENT D’ARGENT

Pablo Escobar était aussi un joueur passionné. Droitier, il aimait évoluer sur l’aile gauche du terrain et repiquer vers l’axe. Ce n’était certes pas un athlète mais il aimait se frotter aux bons joueurs. Ses projets de financement l’ont mené très tôt à se lier d’amitié avec beaucoup de jeunes joueurs, devenus des professionnels. « Il y avait des tournois dans les bidonvilles, se souvient Chonto Herrera, qui a ensuite joué 61 fois pour la Colombie. Les communautés entières ont oublié leurs soucis. J’étais très pauvre mais sur le terrain, nous étions importants et vivions dans un monde parfait. »

Alexis Garcia, Chicho Serna, René Higuita et Pacho Maturana font partie de ces internationaux qui ont grandi sur les terrains de Pablo. Ils ont souvent observé et écouté avec admiration les discours d’Escobar, comme s’il était un maire bienveillant. « Tout le monde parlait de celui qui offrait des terrains et en même temps, il était critiqué pour être un baron de la drogue, explique Leonel Alvarez, international aux 101 sélections avec la Colombie. Mais nous nous sentions chanceux d’avoir des terrains de football. »

Le football a également permis à Escobar de réaliser des bénéfices plus sombres. Son frère Roberto – alias le comptable – voulait légaliser leur butin. Et quoi de mieux qu’un club de foot pour ça ? Fraude sur la billetterie, sur les transferts également : le sport était un paradis pour le blanchiment d’argent. C’était aussi une chance pour Escobar de jouer à Dieu dans les clubs de sa ville natale. Au moment où a commencé la construction de son empire en 1973, l’Atletico Nacional Medellin gagnait le championnat pour seulement la deuxième fois de son histoire. Dans les années 80, avec des millions dans les caisses du club, Pablo a décidé qu’il deviendrait l’un des meilleurs d’Amérique du Sud.

CONSTRUCTION D’ÉQUIPE

Escobar n’a évidemment pas eu le culot ou la bêtise de se nommer directeur ou propriétaire du club. Mais son implication n’était un secret pour personne. « L’arrivée de l’argent de la drogue dans le football nous a permis d’attirer de grands joueurs étrangers, explique Maturana, entraîneur du Nacional de 1987 à 1990. Il a également empêché nos meilleurs joueurs de partir. Notre niveau de jeu a décollé pendant cette période. Certaines personnes ont vu notre situation et ont affirmé que Pablo était impliqué. Mais ils ne pouvaient pas le prouver. »

Escobar a également investi de l’argent chez le club rival, le Deportivo Independiente Medellin (DIM), et il était régulièrement présent dans les tribunes de l’Estadio Atanasio Girardot pour assister aux matchs. Les associés de Pablo sont eux partout. José Gacha (« El Mexicano ») va récolter des fonds dans les Millonarios de Bogota tandis que Miguel Rodriguez Orejuela, chef du cartel de Cali, va financer l’América de Cali. Plus de doutes : le « Narco-football » était né.

LES ROIS DU CONTINENT

La plus grosse part du gâteau revenait aux clubs de Medellin. Et Pablo a adopté le concept de fantasy football (ou football manager) à son bon plaisir. Il organisait régulièrement des matchs privés à son domicile contre un XI choisi par son associé, José Gacha. « Les matchs étaient amicaux, explique Jaime Gaviria, cousin d’Escobar. Pablo nous demandait de composer notre équipe de rêve. Il se chargeait ensuite de faire venir les joueurs au ranch et on pariait sur le résultat. » Des mises qui dépassaient souvent le million de dollars de la part des cartels. Les joueurs, eux, étaient généreusement indemnisés. Et si certains, comme Andrés Escobar (aucun lien de parenté) du Nacional, étaient mal à l’aise quand ils devaient jouer pour les trafiquants, la plupart s’en accommodait et se contentait de ne pas trop y penser.

Après tout, pourquoi s’en faire alors que les clubs locaux, boostés par l’argent de la drogue, cherchaient à devenir la première équipe colombienne à soulever la Copa Libertadores ? En 1989, le Nacional (Medellin) va réussir à se hisser jusqu’en finale en écartant tour à tour les Argentins du Racing Club (8eme de finale), les Colombiens de Millonarios (un club de Bogota) puis les Uruguayens de Danubio Futbol en demi. Après une finale aller perdue 2-0 à Asunción contre Olimpia (Paraguay), Pablo a pris place dans les tribunes pour un match retour électrique. Une seconde manche qui s’est jouée à Bogota, le stade du Nacional étant jugé trop petit.

Avec Andrés Escobar en défense et le fantasque gardien René Higuita dans la cage, le Nacional refait son retard et s’offre une séance de tirs au but. Le neuvième tireur colombien, Alvarez, donne la victoire finale à son équipe. « C’est un moment pour les livres d’histoire », lance alors le commentateur colombien à une nation accrochée à ses paroles. Andrés Escobar a marqué le premier pénalty pour le Nacional puis vu Higuita réaliser cinq parades dans cette séance, inscrivant même son tir au but. Un vrai moment d’euphorie. « Pablo a sauté et a crié après chaque but, se souvient Jhon Jairo Velasquez, alias Popeye, un tueur à gage qui a commis plus de 200 meurtres à la solde du cartel. Je ne l’avais jamais vu si euphorique. Normalement, c’était un bloc de glace. »

AU SOMMET

Les joueurs du Nacional ont évidemment été convoqués au ranch d’Escobar pour une fête géante. « Ils sont venus pour toucher leurs primes et Pablo a même organisé un tirage au sort pour gagner un camion, raconte Jaime Gaviria, le cousin d’Escobar. Pour Pablo, les joueurs n’étaient pas des marchandises mais des amis. Cela allait au-delà de l’argent. Il voulait qu’ils soient heureux. » Le coach, Francisco Maturana, également à la tête de la sélection, a alors régulièrement fait appel à des joueurs du Nacional, avec en ligne de mire la Coupe du Monde 1994 aux États-Unis.

C’est la période faste du football colombien, avec un véritable élan de fierté pour l’équipe nationale. Et tout cela en grande partie grâce aux seigneurs de la drogue. En coulisse, impossible d’échapper à la violence et au côté sinistre de la situation. En novembre 1989, après un match entre le Deportivo Independiente Medellin d’Escobar et l’América de Cali, des rumeurs ont circulé sur l’arbitre Alvaro Ortega. Il aurait été acheté. « Pablo nous a dit de le retrouver et de le tuer », a avoué le tueur à gage Jhon Jairo Velasquez. Ortega a été abattu peu de temps après. Les joueurs ont alors vite réalisé la face cachée des millions des narcos. « Nous étions sous le choc, se rappelle Oscar Pareja, milieu de terrain du DIM. Nous savions qu’il y avait une part d’ombre dans les actions des propriétaires. Mais quand vous êtes footballeur, vous ne savez pas trop. »

UNE COLOMBIE CHAOTIQUE

Si l’année 89 a été celle des victoires et de la gloire pour le football colombien, elle a également été extraordinairement sanglante pour Pablo Escobar. Craignant depuis longtemps d’être extradé aux États-Unis et afin d’obtenir l’immunité, il avait réussi à être élu à la Chambre des Représentants en 1982, propulsé par le soutien de la classe ouvrière. Une élection annulée après la croisade du ministre de la Justice, Rodrigo Lara Bonilla. La réponse d’Escobar ? L’assassinat de Bonilla en avril 1984.

Une vague de colère sans précédent a suivi, permettant au candidat du Parti libéral, Luis Carlos Galan, de gagner en popularité grâce à ses propositions anti-cartel. Le 18 août 1989, il est abattu par les hommes d’Escobar, qui font également exploser un avion le 27 novembre de la même année. A son bord, 101 passagers et six membres d’équipage. L’attentat, commandité par Pablo, était censé tuer le successeur annoncé de Galan, César Gaviria. Ce dernier n’était pas dans l’avion et il sera élu président à l’été 90, jurant de démanteler cette organisation du crime et son « chef de file déséquilibré ».

Pablo Escobar, après une longue négociation avec le gouvernement colombien, accepte de se rendre en juin 1991. En échange de la promesse de ne pas être extradé vers les USA, il est emprisonné dans la Catédral, une prison qu’il a lui-même fait aménager de manière luxueuse. On y trouve aussi un terrain de football ! Les joueurs internationaux colombiens figurent parmi ses visiteurs, jouant des matchs contre les prisonniers et leurs gardes en plein milieu de leur saison professionnelle. « L’entraîneur nous disait que c’était interdit », se souvient Oscar Pareja du DIM. Mais que pouvait-il faire d’autre ? Escobar savait tout sur le football. Un jour, il m’a demandé pourquoi on criait autant sur les arbitres alors qu’il les payait. »

INVITÉ D’HONNEUR

Bien qu’enfermé dans sa prison dorée, Escobar pouvait tout se permettre. Comme ce jour où Diego Maradona lui a rendu visite à la Catedral. Approché par un intermédiaire qui lui a seulement parlé d’une personne très importante en Colombie qui voulait le payer pour jouer un match amical aux côtés de René Higuita, le numéro 10 argentin a vécu une improbable rencontre. « J’ai été emmené dans une prison entourée de milliers de gardiens, a récemment raconté Maradona. Je me suis demandé ce qu’était ce bordel, si j’étais arrêté… L’endroit était comme un hôtel de luxe et là, on me dit :  »Diego, voici El Patron ». Je ne lisais pas le journal, je ne regardais pas la télévision. Je n’avais aucune idée de qui il était. Nous nous sommes rencontrés dans un bureau et il m’a dit qu’il aimait mon jeu, qu’il s’identifiait à moi parce que comme lui, j’avais triomphé de la pauvreté. Nous avons joué le match et tout le monde s’est amusé. Plus tard, dans la soirée, nous avons fait la fête avec les plus belles filles que j’ai vues dans ma vie. Et tout ça dans une prison. Je ne pouvais pas le croire. Le lendemain matin, il m’a payé et m’a dit au revoir. »

À peu près toute l’équipe de Colombie s’est rendue à la Catedral pendant l’année de captivité d’Escobar. Un secret de polichinelle. Mais Higuita a commis l’erreur d’en parler aux journalistes. S’en est suivi un tollé national. Comment la fierté et la joie de la Colombie peuvent-elles s’associer à un criminel ? En 1993, Higuita a même été emprisonné. On a évoqué une complicité dans une affaire d’enlèvement. Mais selon les auteurs du documentaire The Two Escobars, c’est son association avec le cartel qui était la véritable cause de son arrestation. « Tout ce qu’ils m’ont demandé, c’est Pablo, se souvient-il. Il a toujours pris soin des pauvres, a construit des maisons… Mais il est aussi responsable d’une guerre terrible. J’ai eu l’occasion de le remercier personnellement de s’être livré. Je ne pensais pas que j’avais enfreint la loi. » L’entraîneur Maturana a défendu son joueur avec une comparaison sans équivoque : « Si Don Corleone m’invite à dîner, je me présente. » Mais tout cela aura pour conséquence qu’Higuita manquera la Coupe du Monde aux Etats-Unis.

PAS DE RÊVE DE COUPE DU MONDE

Pablo aussi avait de gros problèmes. Des meurtres avaient été commis à l’intérieur de la Catedral et face à une pression intense, le gouvernement colombien a conclu qu’Escobar devait être transféré dans une prison plus conventionnelle. Prévenu et peu enclin à quitter le confort de sa cage dorée, Pablo a pris la fuite. En cavale, recherché et vivant dans la clandestinité, Escobar a toujours gardé le football à l’esprit. Ses seuls moments de répit ? Se poser et regarder des matchs. Jhon Jairo Velasquez, alias Popeye, raconte ainsi cette anecdote. Alors que les deux hommes se cachaient dans un fossé, poursuivis par des soldats du gouvernement, il voit Escobar écouter un match de qualification de Coupe du Monde sur une minuscule radio. « Je pouvais sentir les troupes se rapprocher, je flippais. Pablo se tourne vers moi et m’appelle. Je pensais qu’ils allaient nous attraper et je prends mon M16. Et là, il me dit que la Colombie a marqué ! Le football était sa joie, son évasion. »

Il n’aura en revanche pas l’occasion de voir jouer son pays lors du Mondial américain. En décembre 1993, Escobar est abattu par la police colombienne sur un toit de Medellin. Son décès ne met évidemment pas un terme aux querelles sanglantes parmi les cartels. Et le football, comme toujours, en est affecté, notamment pendant la Coupe du Monde 94. Le frère du défenseur Luis Fernando Herrera est ainsi tué dans un accident de voiture. Barrabas Gomez, frère du sélectionneur adjoint, doit lui quitter l’équipe après des menaces de mort pour l’empêcher de jouer. Mais le vrai drame touche le jeune défenseur Andrés Escobar, dont le but contre son camp en faveur des USA a précipité l’élimination de la Colombie. Il est assassiné le 2 juillet 94 à Medellin par un tueur isolé. L’enquête n’a jamais permis de déterminer si un cartel était également impliqué. « Rien de tout cela ne serait arrivé sous Pablo, a affirmé son cousin Gaviria. Il y avait des règles. »

L’ère dorée du football en Colombie était déjà terminée. Conscients que leur vie était en danger, de nombreux internationaux ont décidé de ne plus porter le maillot national. L’implication criminelle s’est également retirée du sport, le flux de trésorerie dans les paris s’estompant. La Colombie est passée du 4eme au 34eme rang de la FIFA au cours des trois années suivantes. Privé de son principal soutien financier, il a fallu onze ans au Nacional pour remporter un autre titre de champion. Et il fallut attendre 2004 pour qu’un club colombien (Once Caldas) ramène une nouvelle Copa Libertadores, imité en 2016 par… l’Atlético Nacional !

PAS COMPLÈTEMENT PROPRE

« Il faut attribuer la montée de la Colombie à l’influence de l’argent de la drogue, reconnait Juan José Bellini, président de la Fédération colombienne. Nous avons tout permis et participé à cela. » Bellini qui a été lui-même reconnu coupable de blanchiment d’argent. La mort d’Andrés Escobar, une vraie tragédie, a été perçue comme le point final d’une violente tempête initialement déclenchée par son homonyme. Mais que le narco-football soit vraiment mort avec Pablo Escobar est cependant discutable.

En 2007, le magazine colombien Semana a ainsi intercepté un appel téléphonique du redoutable chef paramilitaire  »Jorge 40 » à un dirigeant du Valledupar FC, offrant aux joueurs qui auraient une certaine gratitude envers lui d’être prêtés à l’América de Cali. Un autre trafiquant connu sous le nom de  »Macaco », qui contrôle déjà Pereira FC, aurait tenté d’acheter le club de Millonarios. Peu de doutes que les bénéfices de la drogue circulent encore, même si la pratique n’est pas autant généralisée que sous Pablo Escobar. « Nous avons renoncé à la victoire pour notre sécurité », conclut un Francisco Maturana un brin désespéré. C’était sans doute le prix à payer en effet.

47 Commentaires

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