Pourquoi le Brexit pourrait tuer la Premier League…



Le Brexit va-t-il permettre le développement XXL et l’âge d’or de la jeunesse britannique ou déclenchera-t-il au contraire le déclin précipité de la Premier League ? 4-4-2 a enquêté sur un sujet qui divise outre-Manche.

Nous sommes en 2015. Une grande salle de réunion à l’atmosphère étouffante. D’un côté du bureau, le représentant de la Fédération anglaise (FA) et ses documents destinés à accorder ou non un certificat de travail à un joueur étranger. En face, le dirigeant d’un club de Premier League, qui espère obtenir l’accord du gouvernement pour valider l’arrivée de sa dernière recrue. Et à l’extérieur de cette salle, un univers parallèle dans lequel le Royaume-Uni aurait quitté l’Union Européenne il y a déjà quelques années.

« Ce joueur est français, n’est-ce pas ? A-t-il joué 45% des matchs de la France ces deux dernières années ?

– Pas tout à fait, non.

– Je vois… A-t-il disputé la Ligue des Champions ?

– Non, il vient de terminer sa première saison au haut niveau.

– Dans ce cas, nous ne pouvons pas vous accorder ce document. Achetez un autre joueur !

– Mais…

– Vous trouverez facilement un milieu de terrain britannique qui sera tout aussi bon. D’ailleurs, qui est ce Français ? Personne n’a jamais entendu parler de ce N’Golo Kanté. »

Aussi grotesque et comique que cela puisse paraitre, cette scène pourrait devenir banale dans le contexte du Brexit.

Un monde incertain

Pour le moment, la réalité est beaucoup moins dramatique. Et personne ne sait avec certitude si la sortie du Royaume-Uni de l’UE donnera lieu à des changements concernant les attributions de permis de travail. Peut-on imaginer les mêmes règles pour un membre de l’Union Européenne que pour un joueur issu d’un autre continent ? Difficile à dire aujourd’hui. Mais il est loin d’être évident que le joueur de l’année 2017 en Angleterre aurait pu rejoindre Leicester avec l’application du Brexit. Quant au vainqueur précédent de ce trophée, Riyad Mahrez, arrivé en provenance de Ligue 2, oubliez-le ! Adieu aussi à Marcos Alonso, Cesar Azpilicueta et à quelques autres…

Riyad Mahrez

On peut estimer que les conséquences du Brexit seront lourdes pour le football anglais. Et si les récentes discussions ont souvent tourné autour de la crainte de voir les plus grands joueurs quitter ou bouder la Premier League, il ne s’agit finalement que d’un souci parmi d’autres. Le recrutement d’un joueur standard pourrait ainsi devenir un vrai cauchemar pour les clubs d’outre-Manche. Et la perspective d’une crise financière provoquée par l’implosion des lucratifs droits TV est bien réelle. Reste l’hypothèse que tout cela soit finalement bénéfique à la sélection. Une chose est sûre : tout semble possible.

Il est difficile de prévoir l’avenir tant les scénarios post-Brexit sont nombreux. On peut cependant imaginer des changements importants concernant les questions liées au commerce et à l’immigration en cas d’application d’un  »Brexit dur ». Cette hypothèse pose autant de questions qu’elle n’engendre de l’excitation chez certains et une vraie terreur chez d’autres. Car le Royaume-Uni est actuellement lié par des lois permettant la liberté de circulation des travailleurs dans l’UE.

Cela changera évidemment lorsque la Premier Ministre Theresa May remettra en cause cette liberté. Beaucoup prédisent ainsi que les joueurs non-britanniques issus des 30 autres pays de l’Espace Economique Européen (l’EEE est composé des membres de l’UE ainsi que la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein) devront satisfaire aux mêmes exigences pour un permis de travail que les étrangers débarquant d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique.

Leroy Sané

Cela n’a rien d’anodin. Si tous les footballeurs de l’Union Européenne actuellement en Premier League demandaient demain un permis de travail, 75% d’entre eux seraient recalés. Pas de panique, personne ne sera obligé de partir. Mais prenez cet exemple comme base pour les futurs transferts et vous perdez 121 des 164 joueurs concernés. En Championship, c’est encore pire : seulement trois des 161 joueurs de l’UE répondent aux futurs critères (deux Irlandais et l’ailier roumain Adrian Popa).

Pourquoi ? Parce qu’en 2015, la FA a renforcé la réglementation sur les joueurs non membres de l’EEE. Avant par exemple d’attribuer un permis de travail à un Argentin, on calcule désormais le classement FIFA de son pays sur deux saisons afin de déterminer la valeur et l’importance du nouvel arrivant.

Si un joueur appartient à une nation du Top10 mondial et qu’il a disputé au moins 30% des matchs internationaux de son pays lors des deux dernières années, il sera dans les clous. Mais des éléments comme Leroy Sane, Juan Mata et Emre Can, pour ne citer qu’eux, ne seraient pas acceptés si les footballeurs issus de l’UE devaient eux aussi passer ce test.

Pour les joueurs de nations plus modestes, les critères sont encore plus élevés. Il faut avoir joué 45% des matchs pour les membres des pays classés entre la 11eme et la 20eme place. Quant au Suédois Martin Olsson (Swansea), il ne serait pas admissible après avoir disputé 73,3% des matchs de son pays… au lieu des 75% requis. Cruelle réalité mathématique !

Maria Patsalos, associée du cabinet d’avocats londonien Mishcon de Reya, a étudié les lois sur l’immigration et les règles strictes de la FA. Un cas de figure l’a particulièrement alertée. « Si l’équipe nationale d’un joueur échoue dans un tournoi, elle va chuter au classement FIFA. Des joueurs, éligibles pour travailler en Angleterre, ne le seront plus du jour au lendemain. »

Des règles de plus en plus sévères

Alors bien sûr, il y a toujours la possibilité de faire appel. Avant le changement de la règle de la FA, 79% d’entre eux étaient couronnés de succès. Mais l’instauration d’un système de points a tout bouleversé. Plus le montant du transfert et le salaire du joueur sont élevés, plus le club récolte des points et donc des chances d’obtenir un permis de travail pour sa recrue. Conséquence évidente d’après Brexit : une surenchère pendant le Mercato pour s’assurer qu’un joueur fraîchement recruté pourra bien évoluer en Premier League.

Autre sujet sensible : les clubs britanniques peuvent actuellement engager des joueurs de 16 et 17 ans au prétexte de la liberté de mouvement dans l’UE. Cesc Fabregas, Paul Pogba et Hector Bellerin ont tous bénéficié de cette possibilité au début de leur carrière. Mais le Brexit rendra bientôt ce cas de figure impossible. « Que fait-on avec ces joueurs juniors perdus ? » demande Patsalos. On peut supposer qu’il faudra attendre leur majorité pour les engager ou se résigner à les voir signer ailleurs.

Le 29 mars 2019 pourrait donc marquer un sacré tournant pour le football britannique. « Cela ne me surprendrait pas qu’au cours des 18 prochains mois, les clubs anglais multiplient les contrats beaucoup plus longs, explique Frank Dunne, rédacteur en chef de Sport Business. Ils vont stocker un maximum de joueurs et il sera difficile de les faire partir. »

Daniel Geey, spécialiste dans le droit du sport au sein de la firme Sheridans, partage ce point de vue. Mais il ajoute : « C’est un risque de faire de gros investissements sur des joueurs de l’Union Européenne. Car à l’expiration de leur contrat ou au moment d’une renégociation, il y aura un risque d’une grosse dévaluation. »

« Je pense qu’il y a beaucoup de peur parmi les clubs de Premier League, et à juste titre », reprend Frank Dunne. La peur de voir l’image du plus grand championnat au monde se dégrader, faute de la présence des meilleurs joueurs… « S’il y avait une perte palpable en termes de qualité, il y aurait un impact, estime Dunne. Mais ce serait un processus très lent. La marque Premier League est si forte que cela prendrait trois, six, peut-être neuf ans avant qu’il n’y ait un impact perceptible sur le montant des droits TV. Les clubs seront toujours capables de recruter les meilleurs joueurs européens et de susciter de l’intérêt. Avec tout le respect que je lui dois, je ne pense pas vraiment que c’est Ander Herrera qui vend la popularité de Manchester United à travers le monde. »

« Il y a cette image intangible hors de nos frontières, explique Raymond Boyle, professeur en communication à l’Université de Glasgow et qui s’est penché sur les médias et le sport. Ce serait une folie politique de mettre en place des mesures qui pourraient remettre cela en cause. Si la sortie de l’UE impacte l’économie, cela risque également d’avoir des conséquences sur le secteur de la télévision. Sky et BT sont des éléments financiers essentiels, non seulement pour la Premier League mais aussi pour le football britannique en général. »

« Des secteurs importants seront affectés si l’économie est en difficulté et le football n’est pas à l’abri, poursuit Raymond Boyle. Les fans ont besoin d’argent pour regarder des matchs et payer leurs abonnements. Mais les prix devraient augmenter progressivement alors que les revenus des gens vont baisser. La publicité sera l’une des premières choses impactées en cas de ralentissement économique. Et quand vous savez que le nouveau contrat de BT pour diffuser la Ligue des Champions à partir de 2018 a couté 1,3 milliard d’euros, il faudra bien gagner de l’argent quelque part. »

Un Brexit dur va impliquer des achats locaux

L’Union Européenne peut-elle intervenir et éviter ainsi des impacts négatifs ? « Techniquement parlant, explique Boyle, le Royaume-Uni est indépendant. » Idéalement, il faudrait conserver des règles adoucies pour les joueurs issus de l’UE et une application plus stricte pour les non membres. Un juste milieu entre la liberté de mouvement actuelle et les règles plus sévères qui s’appliquent à tous les autres.

Un système juste et égal, ce qui ne sera vraisemblablement pas le cas avec des clubs contraints de payer davantage en raison du système de points mentionné ci-dessus et de la faiblesse de la livre sterling. David Gold (président de Birmingham) s’est ainsi plaint que le Brexit avait déjà fait monter le prix des joueurs étrangers après que l’offre de West Ham pour Michy Batshuayi ait augmenté de 3,3 M€ en une semaine. La faute aussi à la valeur de la livre contre l’euro.

Les équipes de l’élite anglaise prendraient un vrai coup sur la tête si un Brexit dur ne permet plus qu’à une minorité de joueurs internationaux d’obtenir un permis de travail. « Les joueurs non membres de l’EEE n’apparaissent pas dans les ligues inférieures en raison des critères appliqués, explique Daniel Geey. Si tout le monde se retrouvait sous les mêmes règlements… Les clubs se tourneraient vers les joueurs dont le permis de travail serait simple à obtenir. Mais ils ne disposeront pas de ressources massives pour le faire. A l’heure actuelle, ils peuvent compter sur l’achat d’un joueur espagnol juste en s’assurant qu’il ait un passeport espagnol légitime. »

Theresa May

Les clubs de Premier League n’auraient alors d’autres choix que de recruter des joueurs locaux. « Un des impacts sera que les joueurs britanniques vont augmenter en valeur, confirme Geey. Car à moins qu’un processus simplifié ne soit mis en place, il y aura un processus long et compliqué pour faire venir chaque joueur étranger. »

Tout n’est cependant pas noir dans ce scénario. Ainsi, les clubs des divisions inférieures redonneraient du poids à leurs centres de formation, motivés par cette prime potentielle sur les joueurs locaux. Miles Jacobson est le directeur du studio Sports Interactive, ce qui fait de lui le « Monsieur Football Manager ». Il est également devenu une sorte de référence concernant le Brexit et ses incidences sur le football britannique, intervenant devant les députés et les organisations sportives. Pour FourFourTwo, il livre ses sentiments et confesse que certains clubs se préparent déjà pour affronter des changements profonds.

« Certains clubs plus petits voient le Brexit comme une grande opportunité, nous explique Jacobson. D’autres sont complètement hermétiques à cette révolution et ignorent complètement le Brexit. Je m’inquiète pour eux. Et il y a ceux qui seront juste heureux de rester dans leur division lors des prochaines années tout en investissant davantage dans leur système de formation. Car ils savent que les clubs de Premier League auront besoin d’acheter davantage de joueurs britanniques. »

« Les perspectives pour les jeunes footballeurs en Angleterre sont devenues meilleures, poursuit Jacobson. À moins d’un Brexit complètement adouci avec une liberté de mouvement totale, il est très peu probable que les jeunes joueurs puissent se rendre au Royaume-Uni quand ils auront 16 ou 17 ans. » L’expertise de Jacobson sur le Brexit l’a même amené à proposer ce système dans le jeu Football Manager. « C’est une démarche totalement non politique, précise-t-il. Nous avons envisagé les différentes formes – douces et difficiles – de Brexit, ainsi que la possibilité qu’il n’agisse pas du tout sur le foot. Vous pourriez avoir quelque chose d’assez semblable pour les équipes de la Ligue des Champions. On accepte aujourd’hui jusqu’à 17 joueurs étrangers. Imaginez si demain, la limite passe à trois… »

Les développeurs de Football Manager ont même été encore plus loin dans leur réflexion. « Nous avons pris un compte un petit pourcentage de chances que l’arrêt Bosman soit complètement démantelé, explique le patron de Sports Interactive. Mais aussi un petit pourcentage de chances de voir l’Écosse affirmer son indépendance et une chance encore plus petite pour que l’Irlande du Nord en fasse de même. Le jeu comporte ainsi des centaines de milliers de possibilités. Certaines personnes pensent qu’il s’agit d’une déclaration politique. Mais loin de là ! »

Une superbe carrière… ruinée à cause du Brexit ? « Lorsque vous vous arrivez à mi-chemin de votre troisième saison, vous apprenez que la Grande-Bretagne quitte l’UE. Vous devez alors obtenir un permis de travail pour tous les joueurs. Certains fans du Brexit se plaignent de ce changement majeur dans leur partie de Football Manager. Que leur dire si ce n’est qu’ils ont voté pour quelque chose qui pourrait endommager le football, exactement comme cela se passe dans le jeu. »

La politique de la patate chaude

Retour à la réalité du Brexit et à une perspective que certains espèrent fortement : que les joueurs de football ne soient pas concernés par le droit britannique concernant les permis de travail. « Beaucoup de gens font du lobbying dans ce sens afin d’aider l’industrie du football mais également le secteur financier, la construction et d’autres industries, explique Maria Patsalos. Si cela fonctionne, le foot retrouvera une position forte. » Autre possibilité mise en avant par Jacobson : l’application de la liberté de mouvement pour les artistes, qui repose sur le droit américain.

Cette solution ne serait évidemment guère populaire auprès d’un public qui demande pour les soldats les mêmes salaires que les footballeurs. « Le gouvernement a parlé d’exemptions pour les catégories hautement qualifiées, explique Frank Dunne de Sport Business. Mais si cela s’applique aux footballeurs mais pas aux médecins, aux infirmières et à d’autres professions, ce serait une patate chaude pour les politiques. »

De toutes les manières, rien ne sera simple dans les années à venir. Surtout si la FA ne doit pas se contenter de gérer les permis de travail des joueurs. Les entraîneurs (s’ils ont entraîné l’un des 50 meilleurs pays de la FIFA ou dans un top championnat), les coachs adjoints et même les directeurs sportifs pourraient être concernés. « Je pense que cela concernerait tout le staff technique, estime Dunne. Et quand vous recrutez un entraîneur étranger de haut niveau, il vient avec ses hommes. »

Comme Dunne le remarque, Antonio Conte a débarqué à Chelsea avec sept compatriotes. Owen Jones, associé à la tête de la branche immigration chez Sheridans, développe pour FFT. « Pour les clubs qui recrutent des physios ou encore des analystes de données, le Brexit aura probablement un impact plus important. A moins que le poste ne soit très bien payé, le club devra prouver qu’il a annoncé la vacance de l’emploi et qu’aucun ressortissant du Royaume-Uni qualifié n’a postulé. Cela parait impossible avec beaucoup de citoyens britanniques qualifiés et qui aimeraient travailler dans le football. Mais aucun appel n’a été prévu si un club affirme qu’un analyste étranger est mieux qualifié. »

La Premier League contre la FA

Si les clubs devront peut-être modifier leur politique d’embauche, ils risquent également de se retrouver au cœur d’un conflit inattendu. Un sacré grain de sable pour la mise en place sans heurt du Brexit. La FA et la Premier League font en effet pression sur le gouvernement mais pas nécessairement avec le même objectif.

« Qui parle en faveur du football anglais, interroge Dunne. Sur ce point, la Premier League et la FA ont des intérêts diamétralement opposés dans la mise en place du Brexit. La Fédération y voit une opportunité pour les joueurs anglais. Mais en termes purement commerciaux, la Premier League est plus importante pour l’économie. »

Geey ajoute : « La FA a tout intérêt à augmenter le nombre de joueurs anglais dans les effectifs. Et si elle n’est plus soumise aux lois de l’UE, il n’y a plus rien pour l’empêcher d’instaurer des quotas en FA Cup par exemple. Pourquoi pas l’obligation d’aligner cinq ou six joueurs anglais ? Mais le niveau de la Premier League baissera rapidement si on lui impose des joueurs en fonction des nationalités. »

Et n’oubliez pas que le gouvernement anglais est plutôt occupé ces derniers temps. « Je me demande parfois si le football est vraiment une priorité », lance Geey. Une idée partagée par Raymond Boyle : « Si vous travaillez dans l’agriculture, l’industrie pétrolière ou les produits pharmaceutiques, vous êtes probablement plus haut dans la hiérarchie des priorités. »

On le voit, les conséquences liées au Brexit sont nombreuses. Et personne ne sait exactement comment le football sera impacté. Dunne refuse de tomber dans le pessimisme malgré sa prédiction d’un résultat très négatif pour la Premier League. Car le gouvernement pourrait finalement négocier un accord extraordinaire.

Quoi qu’il arrive, rien ne sera résolu à courts termes, comme l’a écrit The Economist en avril dernier : « Mme May a accepté l’idée qu’un accord commercial avec l’UE ne pourra entrer en vigueur avant la sortie de la Grande-Bretagne. Cela sous-entend une période de deux ou trois ans pendant laquelle Mme May a laissé entendre que la Grande-Bretagne pourrait accepter les règles du marché unique, y compris la libre circulation des travailleurs de l’UE. »

Patsalos conclut en affirmant à FourFourTwo qu’il s’agit de la période la plus excitante de l’histoire de l’immigration depuis des décennies. Car tout est possible. C’est certainement passionnant. Mais également terrifiant pour les fans de Premier League.

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