Ces équipes qui ont marqué l’histoire…à leur manière



Peu d’équipes ont suscité un respect et une adulation quasi universels. Mais on a quand même retrouvé des clubs qui ont su se faire aimer pendant un laps de temps plus ou moins long.

Barcelone (1990-94)

En 1986, le jeune Pep Guardiola n’a que 15 ans quand il débarque à la Masia pour effectuer une série de tests. Souci, c’est encore un adolescent chétif qui n’entre pas dans les critères de taille imposés par le club catalan. Mais ses prévisions de croissance lui permettent de se faire une place au sein du Barça. Moins de deux ans plus tard, Johan Cruyff a décidé de transformer la Masia et sa philosophie. Ce qui a permis ces dernières années à des garçons comme Lionel Messi, Xavi et Andres Iniesta de devenir des rouages essentiels malgré leur petit gabarit.

Surnommée la Dream Team après sa première victoire en Coupe d’Europe des Clubs Champions en 1992, l’équipe de Cruyff a également remporté quatre titres consécutifs en Liga à partir de 1991. Koeman, Laudrup, Stoichkov et plus tard Romario : cette formation passionne encore les fans de Blaugrana, bien plus encore que les millésimes de 2009 ou 2011. « Cruyff a réinventé le concept du football en Espagne », a déclaré un jour le défenseur central Miguel Angel Nadal à FFT.

Parme (1992-99)

Les fans de l’ancienne génération sont ravis de revoir Parme en Serie A. Car dans les années 90, ce club a brillé avec deux grandes équipes. La première, débordante de fraîcheur malgré le soutien d’une multinationale comme Parmalat. La seconde, brillante grâce à ses talents individuels incroyables. En 1992, Parme a goûté pour la première fois au succès et a aimé ça. Avec une Coppa Italia sous le bras, les dirigeants parmesans ont fait venir un attaquant de 22 ans en provenance de Colombie. Pour beaucoup, Tino Asprilla incarnait ce profil nécessaire pour briller, malgré la présence de Tomas Brolin puis de Gianfranco Zola un an plus tard.

En 1994, Fernando Couto et Dino Baggio ont gonflé les rangs, ce dernier marquant à chaque tour lors de la victoire de Parme face à la Juventus en finale de la Coupe de l’UEFA. Hristo Stoichkov a débarqué en 1995 et Gigi Buffon, alors adolescent, a débuté en Serie A contre le Milan AC aux côtés de deux vainqueurs du Ballon d’Or. Au cours de cette décennie dorée, Parme a remporté huit trophées mais sans jamais parvenir à accrocher le championnat.

Lazio Rome (1972-77)

Rarement un vestiaire n’a été aussi orageux que celui de la Lazio dans les années 70. « C’est simple, tout le monde se détestait », a rappelé récemment le gardien Felice Pulici. La légende raconte même que les joueurs ne mettaient leurs protège-tibias que lors des séances d’entraînement. « Quand on disputait un match de championnat, ça ressemblait presque à une rencontre amicale », a plaisanté le milieu de terrain Luigi Martini. Pour lutter contre l’ennui lors des déplacements, les joueurs avaient créé un club de tir. C’est ainsi que l’attaquant Giorgio Chinaglia a détruit un abri du terrain d’entraînement avec son fusil de 6,5 mm, acheté spécialement parce que c’était le même que celui de Lee Harvey Oswald pour l’assassinant de John F. Kennedy dix ans plus tôt.

Mais tout cela va se finir en drame.  En 1977, le milieu de terrain Luciano Re Cecconi fait semblant de braquer la bijouterie d’un ami et est abattu d’une balle en plein cœur. « C’était une blague, c’était une blague », a soufflé Re Cecconi, mortellement blessé. Cette Lazio reste une équipe de football avant-gardiste, vainqueur de la Serie A en 1973-74. Luigi Martini, lui, est devenu ministre du parti néo-fasciste Alleanza Nazionale.

Deportivo La Corogne (1999-2002)

Comment ne pas vibrer avec le Deportivo de la fin des années 90 ? Si Donato et Mauro Silva ont forcément inspiré de jeunes footballeurs, d’autres rappelleront que Noureddine Naybet n’était pas le défenseur central le plus constant et que le meneur de jeu Djalminha a souvent déçu. Le Real Madrid et le Barça avaient remporté 14 des 15 titres précédents en 1999-00 mais avec le dogmatique basque Javier Irureta, les outsiders du Deportivo ont défié les deux monstres grâce notamment au recrutement d’Augusto Cesar Lendoiro. Ajoutez Juan Carlos Valeron, le Riquelme espagnol, et vous tenez une équipe qui a marché sur l’Espagne. Le Deportivo a écrasé le Real Madrid à deux reprises : la première fois en 2000, avec une victoire 5-2 au Riazor. Puis en 2002 au Bernabeu, à l’occasion des 100 ans de la finale de la Copa del Rey.

Borussia Dortmund (2011-15)

C’est en Westphalie que le culte de Jurgen Klopp a commencé à convertir des non-croyants. « Il est comme un père, un ami et un frère », a déclaré Torben Hoffmann, un expert de Sky en Allemagne. Le processus a été lent mais Klopp a bonifié Dortmund malgré des problèmes financiers, avec des stars comme Mario Gotze, Mats Hummels et Sven Bende. Puis des recrues exceptionnelles avec Shinji Kagawa, Robert Lewandowski et Marco Reus.

Ce BVB était le symbole du football moderne, avec cette envie permanente de presser pour récupérer le ballon. Une débauche d’énergie incroyable, si bien que Klopp a appelé ses joueurs les « Monsters of Mentality » pour leur capacité insatiable à répéter les efforts tous les trois jours. Avec l’atmosphère et le mur jaune, il n’a pas fallu très longtemps pour que la majeure partie de l’Europe adopte Dortmund en tant que deuxième équipe. Des fans ont même profité des vols bon marché et sont devenus des visiteurs fréquents du Westfalenstadion. Le succès – deux titres consécutifs en Bundesliga en 2011 et 2012, la Coupe d’Allemagne de 2012 et une finale de Ligue des Champions 2013 à Wembley – a été au rendez-vous.

New York Cosmos (1975-80)

En 1974, Dick Hall, ancien défenseur de Weymouth, était la tête d’affiche des All-Stars de la NASL (quatre sélections pour les États-Unis, quatre défaites). Trois ans plus tard, le All-Stars XI comptait dans ses rangs Franz Beckenbauer, George Best, Gordon Banks et Pelé. Il avait fallu quatre saisons au Cosmos pour obtenir la signature de Pelé en 1975, après une première approche quand le Brésilien évoluait à Santos. Mais l’impact espéré a bien eu lieu. Alors bien sûr, le Cosmos n’a rien gagné pendant deux saisons. Mais la magie a quand même opéré. Cette équipe incarnait la fraîcheur, avec un maillot devenu mythique, et on ne comptait plus les vedettes de cinéma qui assistaient aux matchs.

Mick Jagger était également un habitué du vestiaire. Le chanteur des Stones a ainsi pu voir de ses yeux la cohabitation difficile avec l’ancien attaquant de la Lazio, Giorgio Chinaglia. L’Italien avait négocié un contrat en menaçant d’acheter sa propre franchise puis est resté pendant huit ans, répondant aux questions de la presse en peignoir de soie et surtout se chamaillant avec le Roi. Bien que le Cosmos ait remporté six titres de saison régulière après la retraite de Pelé en 1977, l’intérêt pour l’équipe s’est estompé.

Naples (1984-91)

Sept saisons avec Diego Maradona ont permis au Napoli de rempoter deux titres de Serie A et une Coupe de l’UEFA. Lors du transfert du joueur argentin pour un montant record de 13 M€, le club napolitain venait pourtant de passer tout près de la relégation. Mais avec Diego, Naples a changé de dimension, à l’image de cette scène où 75 000 spectateurs l’ont vu atterrir au Stadio San Paolo en hélicoptère. I Partenopei comptaient dans leurs rangs le jeune Ciro Ferrara en défense, Fernando De Napoli au milieu et un duo d’attaquants Bruno Giordano – Careca exceptionnel. Si la Juventus et les deux clubs milanais étaient des clubs respectables, le Napoli de Maradona représentait ce côté rebelle, avec ses mauvaises manières. Lors du premier Scudetto, des supporters ont ainsi taggués un cimetière, non sans un certain sens de l’humour : « Les gars, vous ne savez pas ce que vous manquez. »

Dundee United (1982-87)

Combien d’équipes peuvent se vanter d’un bilan de 100% de victoires européennes face à Barcelone ? C’est le cas de Dundee United, qui a affronté les Blaugrana à quatre reprises pour autant de succès. Les deux derniers, en quart de finale de la Coupe de l’UEFA 1986-87, sont évidemment les plus savoureux pour les supporters écossais. Porté par son talentueux trio composé de Paul Sturrock, Maurice Malpas et David Narey, Dundee United avait déjà atteint les demi-finales de la Coupe d’Europe trois ans plus tôt, après avoir remporté le titre national devant le Celtic. Sur le banc, McLean était le cerveau de cette équipe. Personnage abrasif qui n’est pas sans rappeler Brian Clough, l’ancien attaquant de Clyde et de Dundee appelait ses joueurs la nuit précédant un match pour vérifier qu’ils n’étaient pas sortis faire la fête. « Tout ce que vous avez entendu, multipliez-le par 10 et vous n’êtes même pas proche de la réalité », a déclaré le milieu de terrain Iain Ferguson.

Athletic Bilbao (1921-25)

Con cantera y aficion, no hace falta importacion.“ La devise de Bilbao est claire : seulement des joueurs basques dans l’équipe ! Et malgré les inconvénients d’une telle politique, l’Athletic a souvent brillé en Espagne. Le millésime le plus mémorable du club remonte aux années 1920, avant même que l’Espagne ne dispose d’un système de championnat national. Neveu de Miguel de Unamuno – l’un des auteurs espagnols les plus célèbres du début du XXe siècle – Rafael ‘Pichichi’ Moreno était une machine à marquer. Il portait toujours un mouchoir noué sur la tête et ses 83 buts inscrits en 89 matchs lui ont permis de remporter cinq titres basques et quatre Copas del Rey, faisant de lui le premier héros de football du pays. Il mourut en 1922, à l’âge de 29 ans, après avoir contracté le typhus. Lorsque la Liga a été créée sept ans plus tard, le choix du nom du meilleur buteur était évident. C’est également une tradition pour le capitaine de chaque équipe en visite à San Mames de déposer un bouquet de fleurs à la base du buste de Pichichi, qui se trouve à l’entrée du tunnel des joueurs.

River Plate (1941-47)

Non, l’Ajax n’a pas volé l’idée du football total à la grande équipe de River Plate des années 1940. Mais le géant néerlandais a clairement marché dans les pas de son homologue argentin. Surnommé La Maquina (la machine) par Borocoto, un journaliste à El Grafico, cette équipe a brillé à une époque où le football sud-américain semblait déjà venir d’une autre planète. Dans l’ère de la formation en 2-3-5, les attaquants Juan Carlos Munoz, Jose Manuel Moreno, Adolfo Pedernera, Angel Labruna et Felix Loustau permutaient avec une régularité déconcertante. Cette équipe a remporté dix grands trophées et certains ont prétendu que c’était uniquement grâce à sa faculté à gérer les finales. Moreno a lui estimé que c’était par sa faculté à marquer à tout moment. « Vous jouez contre eux dans l’intention de gagner, a déclaré un le milieu de terrain de Boca Juniors, Ernesto Lazzatti. Mais en tant qu’admirateur de football, je préférerais parfois rester dans les gradins et les regarder jouer. »

Estudiantes (1967-70)

Fin des années 60 en Argentine. Estudiantes remporte le Metropolitano de 1967 puis trois titres consécutifs en Copa Libertadores. Mais sous l’ancien entraîneur argentin Osvaldo Zubeldia, on parlait davantage d’un pragmatisme machiavélien plutôt que de football romantique. « On n’arrive pas à la gloire par un sentier de roses », a déclaré un jour Zubeldia. Le milieu de terrain Carlos Bilardo était le symbole de cet anti-football, se collant fréquemment des épingles à son poignet pour les planter ensuite dans les côtes de ses adversaires. Surnommé La Tercera que Mata par les médias argentins (Les enfants qui tuent), Estudiantes a été malgré tout un pionnier et pouvait compter sur Juan Ramon Veron (le père de Juan Sebastian) pour trouver de nouvelles ruses.

Boca Juniors (2000-03)

Obsédé par les détails et déterminé à suivre sa propre voie, Carlos Bianchi a fait ce que peu d’entraîneurs osent faire : abandonner de vieux principes et ne penser qu’à l’attaque. Voilà pourquoi cette équipe de Boca Juniors du début du 21eme siècle était si palpitante. Les jeunes Nicolas Burdisso, Walter Samuel et Martin Palermo ont plongé La Bombonera dans un mélange d’acier défensif et de zèle offensif. Mais c’est Juan Roman Riquelme qui apportait le rêve ultime. Donnant une carte blanche créative à son numéro 10, Bianchi ne s’est pas trompé. « Le cerveau de Riquelme a sauvé la mémoire du football », a déclaré un jour Jorge Valdano. Boca s’est offert une Copa Libertadores avant de voir Riquelme filer en Europe. Avant de récidiver en 2003.

Dynamo Kiev (1985-86)

Si les statistiques sont devenues omniprésentes dans le football, le Dynamo Kiev n’y est pas étranger. Sous le contrôle du plombier Valery Lobanovsky, le Dynamo a développé une approche scientifique du jeu, dans laquelle il était demandé à chaque joueur d’effectuer 100 actions différentes lors d’un match. Le lendemain des rencontres, un morceau de papier était épinglé sur le mur du terrain d’entraînement, révélant les statistiques de chacun. Quiconque n’était pas à la hauteur était mis de côté. « Quand j’étais joueur, a expliqué Lobanovsky (qui a imaginé ce système avec son assistant Anatoly Zelentsov), l’entraîneur pouvait dire qu’un joueur n’était pas au bon endroit au bon moment. » En trois périodes réparties sur 20 ans, Lobanovsky a remporté 29 trophées, dont une douzaine de titres de champion. Son premier passage fut la genèse de son génie, le troisième chargé d’honneurs avec un duo prolifique composé de Sergei Rebrov et Andriy Shevchenko. Mais c’est entre ces deux périodes que le culte du Dynamo a vu le jour. Emmenée par Oleg Blokhin et Igor Belanov, l’équipe, qui a remporté la Coupe des Vainqueurs de Coupe à Lyon en 1986, était le parfait exemple de l’interprétation de Lobanovsky.

80 Commentaires

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